Cuicui ? Comment ça cuicui ?

Février 2016 à Caillou-Lès-Bain *

Je vis toujours dans la chouette maison de mon copain (et son frère mais il ne se pointe jamais ici). L’avantage numéro 1 est le grand jardin bien vert et déjà riche en arbres fruitiers. Je pensais que l’hiver endormirai tout cela, que je pourrais me la couler douce en attendant les premiers semis de printemps, mais en fait de neige, j’ai plutôt un champs de trèfle qui a remplacé la pelouse calcinée cet été et une espèce de plante rampante invasive à fleurs bleues s’installe au milieu. Ce n’est donc pas un février de jardinnage typique. Je dois quand même me méfier des vagues de froid régulières.

Entretien: les feuilles mortes ont formé un humus très épais devant la maison à cause du tilleul. J’en ai ramassé pour conclure le compost, ai ajouté un mélange à l’azote pour aider la nature et d’ici deux à trois mois il devrait être près. J’ai déjà commencé la deuxième couche sur le même tas à base d’ordures ménagères et de feuilles ramassées. Mon tas, je l’ai cerclé de grillage pour éviter qu’il ne se répande et m’aider à le tasser, justement. Planter brutalement des piquets me rendis particulièrement guilleret⋅te. Ma nature nain des montagnes je suppose.  Il faut tailler les arbres fruitiers, paraît-il, mais je crains de mal m’y prendre et de les abîmer.

Animaux: nous avons à présent des poules : 2 rousses pondeuses (Roudoudou et Georgette), une poule soie (Frida) et son compagnon coq soie (Diego). Frida a couvé durant tout le mois de janvier pour donner naissance à Glam Rock (poussin jaune, futur roux) et Punk Rock (photo) (poussin soie). Poules2 Poussin9Elle a abandonné le nid pour s’occuper des premiers nés et aucune poule n’a pris le relais, ce qui résulte en un grand gachis d’œufs. J’aimerais avoir une couveuse électrique dans ce genre de situations. Des poussins je ne garderai que les femelles, les mâles dans un petit poulaillier ne font que se battre et dérangent les poules. Un peu comme chez les humains. Nos chats sont censés être huit à présent, mais Pippin le chat noir manque à l’appel depuis 3 mois. À ce stade, nous craignons qu’il ai été écrasé. Vuk et Haricot, nos plus jeune, se sont enfin débarassés de leurs maladies infantiles, mais Haricot est rester très petite. Elle représente une source intéressante de chaleur à glisser sous son pull, très pratique ! Toto la chienne pète la forme, à 13 ans ce n’est pas donné à tous les chiens. Elle sort, court, saute, joue avec les chatons et les poules mécontentes plusieurs fois par jour. Mais dès qu’elle se couche, elle ronfle comme une vieille chaudière, et sachant que nous avons déjà une vieille chaudière par dessus le marché, il y a de quoi perturber les soirées paisibles.

Semis: Je tente le coup des semis « sous abri », en l’occurence ce sera dans la maison. Dans le salon trônent déjà des godets de piment de cayenne, qui seront rejoins à la prochaine pleine lune, le 22, par des tomates. Dehors, dans des bacs couverts d’une bâche de forçage, se trouvent les oignons rouges, aïls roses, poivrons doux, carottes, poireaux et choux cabus. Les cultures en godet seront placés en bac quand j’aurai sélectionné les plants prometteurs, puis seront planté en pleine terre au printemps. Sauf les radis qui sont plus tenaces et iront au potager dès que le bac de test m’aura permis de vérifier leur bonne tenue sous cette température. Pourquoi des bacs ? Pour déplacer et abriter en cas de retour du gel, avec ce climat incertain il vaut mieux. Quand je m’occuperai du premier essai de tomates, il sera aussi temps pour les patates.

Récoltes: en ce moment je ramasse quelques salades (Batavia et mâche) qui accompagnent des entrées chaudes pour les faire croustiller. Je ne touche pas aux herbes aromatiques, qui, encore jeunes, sont frêles cet hiver.

À part ça ?  Les prunus sont en fleur !fleurrosehiver

Ainsi qu’un machin à fleurs blanches derrière contre un mur, je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit. Je fais des efforts pour maintenir une riche biodiversité ici en variant cultures, fleurs, herbes, en favorisant la venue de papillons et abeilles, et ça donne des surprise !

 

 


 

*Ce n’est pas le vrai nom du patelin, qu’est ce que vous imaginez ?

crac prr crac crr

Mes projets de maisons de poupées au 1/12ème revenant sur le tapis, j’ai commencé à découper des idées dans des magasines de déco et des publicités. Meubles, installations, motifs, associations de couleurs, plantes, redéfinissent leurs angles sous mes coups de ciseaux. Le bruit craquant et ronronnant de l’outil mordant le papier agis comme un stim sur mes méridiens. Une soirée particulièrement détendue par rapport à celles des dernières semaines.

Un vendredi soir au bar des réseaux sociaux éméchés…

social_media_strategyIl est vingt-trois heures au ClickBait Pub. Les clients ont bien arrosé leur vendredi soir. Foursquare se ravit que tous ses amis soient réunis ici, MySpace sanglotte au dessus de son whisky sans glaçons au fond de la salle et Twitter a déjà linké deux mille trois cent dix sept fois le lien vers estcequecestbientotleweekend.

Seule tache dans l’ambiance, Linkedin est en costume croisé, une serviette en cuir dans une main, un expresso dans l’autre. Il se tient bien droit, décoche son sourire Colgate® à quiconque croise son regards, et relate les initiatives et responsabilités à son actif lors de son dernier Contrat à Durée Déterminée dans une Société de Service Informatique et Internet. Livejournal s’est dévoué⋅e pour l’écouter, sa réputation de bonne oreille lui ayant encore une fois gâché la soirée.. Mais discrètement iel compulse son carnet pour prendre des notes pour sa prochaine fan fiction Harry Potter Alternative Universe au ClickBait Pub. Yelp quant à elle, tient le zinc, servant des cocktails dont personne n’avait jamais entendu parler auparavant. Les casse-croûtes à la carte sont d’une renversante diversité: vegan, sans gluten, paléo, crudivore… Les talents et la polyvalence de Yelp en matière de glou et de miam font la réputation du ClickBait Pub. À la sortie, il n’y a pas de vigils, c’est très ouvert ici, on n’a rien à cacher.

Google Plus est encore planté devant la porte avec une poignée de prospectus. Twitter voulait le bloquer mais Tumblr trouvait que c’était un peu extrême tout de même et que chacun a le droit d’être un looser, et qu’il fallait bien qu’il gagne sa vie après tout lui aussi. Twitter, de mauvais poil, se tourne alors vers Facebook en le taquinant au sujet de ses Conditions Générales d’Utilisation abusives. Facebook jette un œil à l’assemblée autour de lui et après s’être assuré de bien avoir l’attention de tout le monde, réplique à Twitter sur ses « nouveautés » qui lui semblent familière. C’en est trop pour Twitter qui de rage jette le contenu de son verre sur la chemise trop classe que Polyvore a offerte à Facebook pour son anniversaire. Polyvore, outrée, jette un regard à Yelp, vexée (un mojito préparé avec amour bon sang Twitter tu abuses !), et toutes deux partent dans l’arrière sale pour discuter entre êtres civilisés. Tumblr, n’aspirant qu’à la sérennité et la paix mondiale, les rejoindrait volontier mais iel est læ seul⋅e à pouvoir canaliser Twitter. Pendant que la bagarre fait rage, Instagram mitraille la scène, en ajoutant un filtre pour faire croire à une sympathique accolade quand Facebook frappe d’un coup de point Twitter au plexus. Vine documente les événements mais a raté les dernières secondes où Pinterest, ce grand nigaud, a débarqué pour vendre des albums photos décorés de cercles, de chatons ou de fleurs, des calendriers et des mugs. Un mug finira brisé sur le crâne d’Instagram car Twitter n’a pas apprécié son soucis d’archivage de la bagarre. Facebook en profite pour se faire la malle, après tout il ne doit pas tarder, demain il sera encore au tribunal, Twitter a un peu raison en fait. Tumblr administre les premiers soins à Twitter et Instagram qui décident de faire la paix en partageant leurs travaux respectifs. Polyvore et Yelp préparent un chocolat chaud et un pyjama en polaire et élasthane pour que Tumblr puisse monter dans sa chambre se ressourcer et se reposer. Pendant ce temps, Linkedin a déserté de crainte qu’un potentiel futur employeur ne découvre un jour une photo de lui mêlé à cet éclat. Finalement tout le monde s’accorde à dire que tout cela était de la faute à Google, au fond.

Minuit, le ClickBait Pub ferme ses portes.

Mais qu’est ce qu’on peut faire alors ? – Mois de novembre 2015

14 novembre 2015

image représentant des formes géométriques de différentes couleures, abstrait.

Suite aux attentats de cette nuit le gouvernement français a décidé d’enfoncer le clou en continuant sa politique guerrière; Les fachos organisés se sont empressés de diffuser de la propagande islamophobe; et les naïf⋅ves (au mieux) ont commencé à brandir et afficher les drapeaux bleublancrouge.

Cette nuit le peuple a eu une réaction exemplaire. Les personnes qui cherchaient refuge entre deux fusillades on été hébergées, internet a été utilisé pour mettre en relation les personnes proposant d’ouvrir leur porte et les proches des victimes. Sur les réseaux sociaux j’ai vu ressortir des articles expliquant comment gérer une crise d’angoisse, d’autres articles donnant et vérifiant des informations sur les événements, d’autres encore donnant des conseils de sécurité ou de santé.

Nous sommes le lendemain et notre travail commence. Non, nous ne ferons pas de guerre. Ce n’est pas cela notre travail. Ce gouvernement mène la guerre depuis des années, loin de nos yeux donc loin de nos cerveaux, et prétend être choqué par la tournure des événements alors qu’ils ont bien du le voir venir. Un pays ne peux pas éternellement en opprimer d’autres sans craindre un retour de bâton. Pourtant ce n’est pas le peuple qui aurait du être visé, et ce ne sont pas des membres du peuple qui auraient du commettre ces attentants. Eux et nous, c’est la même chose, de la chaire à canon, pas des décideurs, des gens qui sont envoyés devant pour se faire sauter ou tirer dessus. Nous sommes le peuple, et notre devoir populaire doit prendre les devants. Si les drapeaux me font râler c’est parce qu’ils entretiennent un sentiment patriotique créé pour asujettir les peuples et les pousser sur la ligne de front, c’était déjà ainsi au siècle dernier.

Alors quel est ce devoir dont je parle ? Celui de l’éducation populaire et du care. Celui que bien des gens fournissent déjà sans aucune rétribution: se soucier des gens, les rassurer, leur apporter refuge et subsistance, éduquer et informer.

Concrètement ?

  • Donner un nouvel élan à l’éducation populaire, enseigner l’histoire, pas celle de la France, celle des peuples, des sacrifiés, des prolétaires, des miséreux, des mères et des enfants, l’Histoire est toujours politique, prétendre l’objectivité c’est enseigné l’Histoire des dominants.
  • Dans ces mêmes mouvement prendre en main notre culture. Chacun peut enseigner à chacun. Nous avons tous des savoirs et des savoirs faire, nous savons fabriquer, organiser des idées, enseigner, écrire, lire, raconter, construire, à tous les âges, à divers niveaux.
  • Se former sur la gestion en situation de crise. Comment gérer une personne paralysée par le peur ? Une autre qui a une crise d’angoisse ? Comment administrer les premiers soins ? Qui dans le voisinage a un véhicule et peut nous conduire à l’hôpital ou en sûreté ? Qui peut stocker du matériel médical et de la nourriture ? Que ferait maman/mamie/le professeur Mac Gonagall et Mme Pomfresh ? Elles seraient en train de prévoir, anticiper, angoisser, peut-être s’en faire un peu trop ? En tout cas elles prendraient les choses en main pour nous protéger et protéger les personnes autour d’elles.

Hier, cette nuit, ce fut grand, le peuple a répondu là où l’État avait un train de retard ou était à côté de la plaque. Les médias ont entretenus la panique et manqué de pudeur envers les victimes au lieu de donner des informations utiles et vérifiées. Les ambulances n’ont pas pu suivre et les transports en commun ont fermé. Ce sont des taxis qui ont pris le relai, des gens derrière leur écran avec une connexion à internet, des gens avec un lit d’appoint et un repas à proposer. Continuons.

15 novembre 2015

image représentant des formes géométriques de différentes couleures, abstrait.L’armée française a bombarsé Rakka, en Syrie, avec des Rafales, en collaboration avec les USA, afin de détruire un poste de commandement et un camp d’entraînement de l’EI/Daesh/ISIS. Je ne peux trouver aucune informations sur les dégâts réalisés sur cette ville en dehors des deux cibles. Ce n’est pas la première fois qu’on nous parle de « frappes chirurgicales » pour découvrir sur le tard d’énormes pertes civiles. À ce train là les recrutements vont se faire avec une grande facilité de tous les côtés. Daesh avait déjà annoncé son souhait de faire pencher les musulmans occidentaux de leur côté et le gouvernement français fait tout pour que ça arrive, détruisant ce que Daesh qualifiait de zone grise. La France devrait protéger les musulmans qui sont à la fois cible des bombardements (Palestine, Irak, Syrie) et des recrutements. Mais notre gouvernement souhaite la guerre, l’islamophobie est donc volontaire.

16 novembre 2015

six-weavesilk.comImpossible de réaliser une manifestation d’envergure. Impossible de protester dans les rues contre cette guerre que perpétuent nos gouvernants. Les conséquences seront pour les peuples, ils ne prennent aucun risque sur eux.

Je propose que les pancartes que nous aurions voulu porter en public d’un bout à l’autre des villes et des villages, nous les installions à nos fenêtres où elles domineront la rue.

19 novembre 2015

fresque de la republica de la boca
Fresque à la Boca, Argentina.

État d’urgence déclaré.

État d’urgence prolongé à 3 mois.

Constitution modifiée.

Proposition soutenue par Manuel Valls d’ouvrir des camps de déradicalisation pour les suspects sur décision administrative et non pas judiciaire. L’État d’urgence permettant l’assignation à résidence mais pas l’ouverture de camps, ce sera présenté sous forme d’un amendement. L’amendement est voté.

Nouvelle proposition acceptée pour l’État d’urgence: les policiers volontaires pourront porter leur arme en dehors de leur service. Il y a de quoi craindre pour les gamin⋅es racisé⋅es, les musulman⋅es, et délits de sale gueule et mêmes les épouses des flics, quand on connaît la proportion de violences conjugales parmi eux.

Le plan vigipirate déclaré en 1995 devait être temporaire et est toujours en place vingt ans après. En modifiant la consitution comme cela a déjà été fait il est aussi possible de prolonger à l’envie l’État d’urgence. Le mot urgence sera aussi vidé de son sens que le mot « crise », vous savez, la crise qui est en fait un système durant depuis des décennies ?

Les manifestations peuvent être interdites sans justification, par « sécurité » depuis le début de l’État d’urgence. Les rues ne sont plus nôtres et les flics gagnent de nouveaux pouvoirs. La lutte sera interne et solidaire. La lutte ne peux exclure personne car c’est d’une réelle solidarité dont nous avons besoin à présent, pour prévoir, militer mais surtout agir sur le moment pour toutes les personnes déjà en danger.

Les centres de recrutement de l’armée de terre sont bondés… on sait qui ils visent.

Poésie, nouvelles et récits pour se fendre le crâne et mieux laisser passer la lumière.