006- Iguazu m’a inculqué le sens du mot ‘ disfrutar ‘

Jour 1

Voyant arriver 5 journées libres à la suite, j’ai choisis de joindre une des destinations les plus recommandées et les plus prometteuses depuis mon arrivée en Argentine : Iguazu. L’endroit est célèbre pour ses gigantesques et nombreuses chutes d’eau. Pour les détails, les chiffres impressionants, je vous laisse demander à notre ami wikipedia. Iguazu, c’est aussi une forêt à la faune et à la flore très riches et la proximité des indigènes Guaranis (oui oui les mêmes que dans l’ouvrage de Pierre Clastres sur l’État). Cette région se partage entre l’Argentine, le Brésil et le Paragway, mais concernant les chutes, c’est le côté argentin qui est le plus recommandé.

palteforme dans un arbre
accrobranche, la première palteforme vue d'en bas

Je dois compter 16h de bus pour m’y rendre, voilà qui occcupe une première journée… J’arrive le vendredi matin à Puerto Iguazu, ville semblant dédiée au tourisme. Pas 2 pas sans un hôtel ! Je trouve facilement le mien, les habitants ont l’habitude d’indiquer leur chemin aux touristes. Ils ont un sourire communicatif, une ville où les résidents sont contents de voir des touristes et le montrent, c’est sûr que je suis loin de la France !

Je résiderai dans un « hostal », c’est pas l’hotel, c’est moins classe. Je traduirais pas « auberge ». Sauf que comme nous sommes à Iguazu, il y a tout de même une piscine et le monokini est autorisé. Quel pied ! Ça c’est de la détente. Mais au lieu de buller, après avoir posé mon sac dans la chambre et vérifié mes mails (le bus = 16h d’affilée sans internet, quelle horreur ! Le ciel aurait pu nous tomber sur la tête que j’aurais pas été au courant ! 😮 ), je vais à l’office du tourisme pour voir ce que je peux encore faire aujourd’hui. J’oublie que je suis fatiguée quand on me propose à un prix abordable une après-midi dans la forêt à grimper aux arbres, redescendre en tyrolienne et faire du rappel.

Bon, au départ, je flippe un peu quand je me vois embarquée dans un gros camion à touristes avec guide bilingue. Ils sont 28, ils sont en short (super idée à moustique-land pour aller en forêt…), ils ont des casquettes de base-ball, ils ont de la crème solaire sur le nez, il comparent les étoiles de leurs hotels respectifs en anglais… Au secours ! Alerte aux gros touristes en short ! Je ne peux pas les ignorer vu le nombre et la proximité, ça promet…Ce n’est qu’à l’arrivée que je repère 2 perles dans le groupe : 2 frères qui devaient avoir 10 et 8 ans. Ils se racontent des histoires, ils essaient de parler toutes les langues représentées dans le groupe, ils observent autour d’eux autrement qu’à travers l’écran d’un appareil photo, ils sourient, ils font les pitres. Ah voilà, avec ces 2 là, je me sentirai déjà plus en vacances ! Je donne un coup de main à leur habillage puis nous commençons à monter sur la première plateforme perchée sur un arbre. Les poignées en main, on s’assoit dans le vide, préalablement attaché par un moniteur, on croise les jambes vers l’avant, et ZOU ! Je n’ai pas le temps de comprendre que sous moi tout est petit, je vois tout d’en haut et je file vite, vite… viiiite mince mais comment ça freine ! Le mono qui attends à l’arrivée fait des gestes, je pige pas trop, j’essaie un truc… ça accélère. Finalement, c’était rigolo de rebondir contre un gros matelas collé à un tronc. Ah, il explique… ah oui. Donc les 2 tyroliennes suivantes se déroulent mieux et mon cerveau m’informe autant qu’il peut qu’il est super jouasse de voir le paysage sous cet angle et d’avoir l’impression de voler. À l’arrivée les 2 petits aventuriers m’attendent, très pressés d’expliquer que eux, même pas peur, et que maman, « hahaha ».

On remonte dans le camion pour atteindre une sorte de falaise au pied de laquelle nous attend la rivière. L’envie d’aller s’y rafraichir ne ma nque pas ! Mais pour cela il faut affronter la peur du vide. C’est le plus jeune de mes petits préférés qui y va en premier. Mousqueton par ci, nœud de huit par là, le voici harnaché, jambes bien écartés et c’est parti pour imiter spiderman ! Nom de Zeus il est léger comme une plume ce gosse on dirait qu’il va s’envoler ! Je suis peu de temps après, le grand-frère n’arrive pas à calmer sa peur.. Pour ma part, la flexibilité étonnante de mes chevilles ne me rend pas service, je m’explose les jambes à la moindre réceptions hasardeuse. Ça ne gâche pas le plaisir d’effectuer des sauts de géant dans le vide pour rebondir sur la roche. Arrivée en bas, j’appelle le grand peureux qui suivra peu après, pas question de passer pour un lâche, non mais ho !

une chute dans la forêt
Une chute dans la forêt là où la descente en rappel nous a menés

Attendre les autres sera agréable cette fois ci car nous pouvons nous rafraichir dans une rivière propre avec une espèce de plante différente tous les 50 cm. Les petits commencent à faire les pitres sur les rochers, alors bien sûr, comme je suis une adulte responsable et que j’ai mal aux cheville… je les imite ! Mince quoi je serai raisonnable quand il s’agira de mes gosses ! Leur mère flippe mais ils savent très bien réceptionner leurs chutes contrairement aux grands dadais qui s’étalent fesses dans la boue. Nous approchons d’une chute d’eau de petite taille qui fera un merveilleux brumisateur, franchement tout de suite ça a une autre gueule que le gros cylindre Vittel ! Ouh pinaise la comparaison foireuse…

Bon bah finalement il faut remonter ce qu’on a descendu, mais à pied… Han l’arnarque…

Une après midi éprouvante en quelques sortes…

 

Jour 2

 

J’ai bien roupillé… y avait de quoi. Mes jambes sont prêtes pour une nouvelle séance de torture, et elles l’auront, car j’ai mon billet pour le parc naturel d’Iguazu et j’ai pas l’intention de prendre le p’tit train à touristes ! Ce sera plein de gens, de germes, de shorts, de crème solaire et de Nikon. Bus pour le parc facile à trouver une fois de plus grâce au personnel attentif, efficace et très sympathique de la gare !

Une promenade sur le parcours vert permet de faire connaissances avec les oiseaux et insectes locaux. Déjà vu 3 sortes de papillons différents en juste 600 mètres…

chutes d'Iguazu
Des chutes avec un chti arc-en-ciel cétipa mignon ?

Je commence par le parcours inférieur qui permet de vor les chutes à mi hauteur, passant à côté d’elle. Douche garantie si on va jusqu’au bout. Je me souviens que c’est dans ce coin qu’on doit embarquer pour la balade en bateau. Jusqu’ici c’était du luxe, des pavés, des lattes de bois bien serrées… mais quand il s’agit d’aller se rapprocher du bord de l’eau le chemin devient accidenté. Ça glisse, on surveille ses pas… Un coati pas farouche fait un bout de chemin à mes côtés. Cet animal a un côté comique ! Puis j’atteinds le point d’embarquement. Affaire mises dans des sacs étanches, gilet de sauvetage… on embarque ! Ça commence gentilment, en balade, on s’approche… Impression d’être vraiment dedans, on est au milieux des chutes, le vacarme, l’humidité, la fraicheur… J’oublie tout, je ne vois que l’eau et sa puissance ! Juste avant de revenir nous avons droit à plusieurs allez-retour au plus proche des chutes et là c’est simple, j’aurais pu sortir le shampoing, la savonette et tout. Aaaaaaatcha ! Contente mais glacée ! On retourne à terre, je quitte le T-shirt pour l’essorer avant de plus ou moins tenter de l’étendre sur le bride de ma sacoche en espérant qu’il sèche un peu. Les autres sont restés aglutinés au bord quand je reprends le chemin accidenté afin de remonter. Je suis presque seule alors je reste torse nu et peu profiter de la chaleur du soleil allant directement sur ma peau, une caresses après cette aventure. Je sèche assez vite… Cacophonie d’anglais, d’espagnol, de portugais et d’allemand, je remets le T-shirt, prochaine étape : à manger !

encore aux chutes
encore aux chutes ( ♫ au détour de la rivièèèèère la la la ♪ ♪ ♪ )

Mais je ne suis pas la seule à avoir faim ! La terasse du restaurant est bondée de coatis gourmands et voleurs. Bien sûr personne ne cherche à les nourrir, il suffit de réfléchir quelques secondes pour comprendre que notre bouffe sera mauvaise pour eux. Il y a tout de même des panneaux explicatifs/pédagogiques pour les plus lents. Le problème est que ces animaux ne réfléchissent pas autant et attrapent la moindre miette et parfois sautent sur une table ou sur des genoux pour attraper l’aliment convoité. C’est comme ça que je me fais voler mon dessert par un coati énorme. Il était 2 fois plus gros que les autres, pas étonnant s’il vole toujours les alfajores ! Ces gateaux sont une sorte de parodie de dessert argentin, 2 biscuits bien épais et bourratifs couverts de sucre glace et fourré de Dulce de Leche (de la confiture de lait en + sucré). Au niveau de la bouffe en Argentine il faut savoir déjà que ces gens là ne boivent jamais d’eau pure. Le minimum, c’est d’y mettre du maté ou du Tang (poudre aux fruits sucrée). Ensuite, le sucre est partout, même dans la moutarde… Et même dans le pain qui est censé être nature, j’ai l’impression que c’est sucré…

L’arpès midi j’ai marché sur le parcours haut, passant tout en haut des chutes, même au dessus. Je suis restée bloquée sur un pont la machoire pendante et les yeux équarquillés. J’ai tenté des photos dont j’espère qu’elles seront bonnes. Quelles frimeuses ces chutes d’eau…

chutes again
o_O

 

Jour 3

 

J’ai trop marché… longue nuit et grasse mat’ à l’auberge à faire des bulles. Au lever histoire de rester une bonne feignasses quelques brasses dans la piscine. Mais bon, je suis à Iguazu, y a sûrement de chouettes endroits à visiter pour mon dernier jour.

toucan
un toucan fraichement soigné, en pleine rééducation 😉

En effet non loin se trouve un refuge pour animau sauvage. Ils y sont soignés et ré-adaptés à la vie sauvage. Beaucoup viennent de familles qui les adoptés comme animaux de compagnie lorsqu’ils étaient bébés et finalement les abandonnent. Ah oui Monsieur, forcément, un raton laveur, même si on l’appelle Kiki, c’pas comme un chat hein… Idem pour quelques oiseaux et même un singe. Nous passons devant l’enclos d’un ocelot qui malheureusement était bien décidé à ne pas se laisser photographier alors je vous renvoie à Google Image. Sur le coup j’ai un doute, je demande à notre guide « non, y en a quand même pas qui ont adopté un ocelot comme s’il s’agissait d’un chaton » ce à quoi elle m’affirma, désespérée, que si, y en a qui ont essayé (et ils ont eu des problèmes). Alors Mesdames Messieurs, oui, l’ocelot est une sorte de panthère miniature avec une petite bouille toute mignonne et au grognement tout léger et mignon mais cette description contient tout de même le mot « panthère » qui est très différent de « chat ». Si vous voulez des émotions à la limite tentez d’apprivoiser un chat sauvage qu’on rigole, mais laissez les ocelots tranquille bourdayl ! (mais je le reconnais, il trop miiiiiiiignooooooon, alors si vous craquez offrez vous une peluche grandeur nature… hum… ce serait pas pratique à ramener dans l’avion ça…)

un singe
Lui c'est Toto, la santé ça va mais ils le laissent dans l'enclos sinon il vole tout et ça commençait à revenir cher au refuge (quelques milliers de pesos…) Comme il est copain avec les autres singes de l'enclos ça se passe bien

Enfin bon malgré les toucans, les perroquets, les aigles, les vautours, les ocelots (le seul qu’on ai vu de près est celui de l’enclot, les autres on pouvait juste deviner leur présence furtive sans les voir), les singes, mes bêbêtes préférées dans ce parc furent les araignées, papillons et fourmis. Y en avais de plein de sortes différentes. Et les papillons se posaient sur nous pour peu qu’on ai un vêtement de leur couleur. Cependant, contrairement à ce que j’ai pu faire aux chutes, là je n’en ai convaincu aucun de me monter sur le doigt et d’y rester. Les bêtes sont pas farouches aux chutes. Tu poses la main devant, ils viennnent squatter et tailler une bavette, pépère. Dans le refuge ils sont plus méfiants. Bon les enfants sachez par contre qu’il faut jamais toucher les ailes d’un papillon avec nos grosses pâtes, c’fragile. Alors s’il veut pas venir inutile d’essayer de le forcer vous n’entrainerez qu’une catastrophe…

Des fourmis
Des fourmis ! ♥

 

Après tout ça j’ai du finir par rentrer. Et hop 17h de bus pour le retour ! Miam ! 😀

5 réflexions sur « 006- Iguazu m’a inculqué le sens du mot ‘ disfrutar ‘ »

  1. Avant même d’embarquer dans l’avion, tu y pensais déjà, et de toute évidence, tu n’as pas été déçue.
    Je suis prêt à parier que tu y retourneras avant la fin de ton séjour chez les gauchos.
    P.S. Reportage bien sympathique !

  2. Bonjour,
    Ton reportage est excellent. ça donne envie d’y aller, à ce propos aurais-tu des conseils à me donner pour là-bas ?
    Y es-tu retournée depuis ?

    1. Pas retournée non. Un conseil ? Le Guide du Routard ! 😀 j’ai tout pris la dedans.
      Ah et le son « ll » se prononce « ch », ça fait bizarre au début. 😀
      Sinon, des conseils sur quoi ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: