Bienvenue au club !

NON ! Non, non, non et non !

Dr Cox de Scrub se tape la tête avec un bureau de rageC’est vraiment embarassant pour nous deux, arrête, s’il-te-plaît…

(là je viens de faire une longue pause juste pour regarder ce gif animé en ricanant sottement).

Oui donc je te parle à toi, le triste sire tragiquement célèbre. Celui ou celle qui, quand on parle de maladies mentales, ramène sa fraise avec une phrase type « Mais on a tous un grain de follie, nous sommes tous fous à lier, héhé ! 😉 ». L’émoticone qui fait un clin d’œil est importante, elle ajoute du potentiel énervant au personnage.

Nous parlons de maladies mentales, pas de « petit grain de folie ». Ce dont nous parlons n’est ni charmant, ni drôle. Tu peux utiliser avec légèreté l’expression « fou à lier », qui pour nombre d’entre nous est lourde de sens. Il se trouve petit veinard que tu n’as pas été estimé suffisament fou pour être « à lier » et je comprends ta tentative de jouer les alliés mais ne peux accepter que tu en profites pour tenir des propos aussi ignorants, outranciers et naïfs.

Nous ne parlons pas d’originalité, de forte personnalité ou de bêtises commises en état d’ivresse ou après quelques pétards. Nous parlons de moments où notre esprit, notre cerveau, nous lâche de plus ou moins haut. Parfois, selon notre pathologie, il y a des procédures  mentales qui ne seront pas effectuées jusqu’au bout, ce qui peut mener à bien des déboires : hallucinations, tentative de suicide, paranoïa, attaque de panique… Tu ne sais pas, valide, ce que c’est de se sentir lâché lâchement par son cerveau, ni de savoir que ça pourrait arriver de nouveau. Beaucoup d’entre nous nous payons même le luxe d’être lucide pendant que cela arrive. Je sais que nous n’en avons pas l’air sur le moment mais nous savons ce qui se passe ! Nous savons qu’étant donné telle situation, notre maladie a obligé notre cerveau à abandonner telle tâche et que par conséquent nous allons subir telles conséquences. Puis nous nous sentons partir, c’est en train d’arriver, et nous ne pouvons rien y faire. Avec un peu de chance, nous avons un traitement efficace à notre disposition, mais même avec cette chance, ce sera insuffisant. Notre vie doit s’arrêter et se mettre au service de la maladie.

Est-ce qu’à présent tu saisis l’angoisse de la chose ? Est-ce qu’à présent tu vois la différence avec la fois où tu as perdu un pari durant un jeu à boire et t’es mis à courir en clip autour de ta maison ?

Merci.

À présent je te laisse aussi réfléchir à la fois où tu as sorti sur le même ton « De toute façon il n’y a pas de races, nous venons tous d’Afrique à la base ! Moi je ne vois pas les couleurs, que tu sois blanc, noir, gris, jaune ou rose à pois verts, je m’en moque ! ».

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