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Mon parapluie

Ni cis, ni hétér@, je n’ai pas tout pour plaire. J’ai mauvais genre, mon attitude est source de nombreux reproches depuis mon enfance. Je ne pensais vraiment pas à mal. J’ai naïvement cru que ce que je ressentais était normal, que le sentiment d’exclusion venait entièrement de mon incapacité à me faire des ami⋅es. C’est toujours agaçant quand tu reçois le commentaire que ton écriture, ton attitude, ta façon de faire, ne sont pas convenables pour une fille. C’est réducteur et sexiste. Mais pour ma part il y avait plusieurs chocs à différents degrés quand on m’assainait une de ces bêtises. Sur le coup je me disais « oulah, attend, je suis une fille ? ». Ce n’est pourtant pas faute de me le rappeler hein ! Mais ça ne voulait pas imprimer. Continuer la lecture de Mon parapluie

Question de point de vue :)

Ce soir, sur un chan IRC que je fréquente…

[18:17] <Lui> PUTAIN
[18:17] <Lui> Ce soir y’a une super soirée (10€, OB, et des filles partout), et personne n’est motivé. 🙁
[18:17] <Lui> Je suis tristesse et déséspérance.
[18:18] <Moi> bah si, les filles
[18:18] <Moi> elles vont bien s’amuser sans vous 🙂
[18:21] <Lui> Ben non.
[18:21] <Lui> Une soirée unisexe c’est pas drôle.
[18:22] <Lui> (et c’est une fille qui m’a proposé :p)
[18:22] <Lui> (c’est une soirée d’une autre école)
[18:27] <Moi> [18:21] « <Lui> Une soirée unisexe c’est pas drôle. »
[18:27] * Moi sourit doucement
[18:27] <Moi> pauvre homme persuadé de son indispensabilité 🙂

J’en pleurerais d’amusement. 😉

Universitaire mes fesses

À l’université, dès la licence, il est enseigné comment prendre de la distance par rapport à son sujet. Il y a une chimère à atteindre, celle de l’objectivité. Tout ce qui est observé change de comportement par le simple fait d’être observé, voilà qui rend la tâche complexe. Alors toutes sortes de méthodologies sont mises au point afin de décider quelle est la méthode la plus correcte, la plus juste, qui prend le plus de recul, d’éviter de se baser sur nos sentiments personnels et expériences, ce qui biaiserait le résultat, d’éviter d’influencer le sujet d’étude.

 

Je comprends cette manière de procéder. Mais j’aimerais lancer une bombe à eau : ce n’est pas LA meilleure méthode au dessus des autres. L’académisme, les universitaires, les enseignants-chercheurs, n’ont pas une manière de voire les choses forcément plus juste et supérieure sous prétexte qu’ils utilisent ces méthodes scientifiques. Et je dis cela car ce problème revient sans arrêt dans des milieux militants féministes, de lutte des classes, d’anti-racisme, etc.

 

Non je ne fais pas forcément confiance à une étude car elle a été réalisée selon des méthodes académiquement approuvées. Oui j’accorde parfois plus d’importance au discours d’une personne qui vide son sac sur un vécu très lourd.

Quand nous autres les mal instruits osons commettre des articles, il y  a toujours des universitaires pour critiquer notre manque de recul et notre subjectivité et ça y va. Est-ce que nous on vient commenter vos articles pour expliquer que votre façon d’interroger votre sujet était irrespectueuse ? Nan, car la plupart du temps nous n’avons même pas accès à votre article, il est impossible de laisser une réponse même si on est directement touché par l’article, pas de droit de réponse publiable, ou alors il y a tant de jargon que c’est indéchiffrable.

 

Je remarque que les militants avec le plus gros bagage universitaire ont tendance à prendre plus d’espace, se sentir plus légitime et ne se gênent pas pour rabaisser les autres à leur statut de simple sujet d’études.

 

Que nous soyons des putes, des enfants battus, des survivant-es de crimes, etc., nous ne sommes pas juste là pour vous servir de sujet et vous permettre de vous faire mousser. Nous avons notre mot à dire et nous n’avons que rarement le luxe de pouvoir prendre du recul. Et parce que nous ne pouvons pas prendre ce recul vous le ressentez dans notre article : il y a de la colère, du ressentiment, de l’ambition, du rêve. OK Vous savez ce que je vois dans les vôtres, avec votre super recul ? Je vois de l’indifférence, de l’ignorance, de la naïveté, du mépris.

 

Alors est-ce que votre méthode est forcément meilleure ? Non.

 

Est-ce que nous pourrions songer à travailler ensemble et croiser nos compétences dans un respect mutuel ? Oui. Mais il va falloir commencer par réaliser votre position dominante dans le champ de l’expression, de la médiatisation et de la crédibilité publique.

Automatique jour 1

Je parierais que je suis née en freinant des 4 fers puis que qu’avant de prononcer mon premier mot ou de faire mon premier pas j’ai pesé le pour et le contre et les conséquences durant des semaines ou des mois.

 

Je n’ai pas juste un projet de roman en cours qui traîne mais 4, ainsi qu’un nombre incalculable de nouvelles. J’ai détruis ou effacé tous mes écrits méthodiquement au fil des années, je passe mon temps à faire ma Pénélope sauf que ce n’est jamais le même motif qui apparaît sur le métier à tisser. La poésie est la plus volatile, je l’écris ou la pense, puis je la dis à voix haute une à trois fois, pas une de plus, à moi seule ou en public, puis je détruis toute trace écrite ou alors j’oublie en me dilatant le cerveau avec des choses distrayantes.

 

Tout comme si je voulais m’assurer de ne laisser aucune trace sur cette planète. Il n’y a pas que les projets d’écritures que je tue dans l’œuf, tous mes projets. Et quand j’arrive à m’accrocher à quelque chose, les aléas de la vie m’obligent à lâcher prise. C’est un complot ou quoi ?

J’aurais du mourir il y a bien longtemps, j’étais un nourrisson quand ma mère a commencé à travailler là dessus, mais elle aussi a laissé tomber en cours de route à chaque fois. Bon parfois c’était parce que je me protégeais, mais parfois c’était elle qui s’arrêtait d’elle-même alors que dans ma tête j’étais résignée à y passer.

Et les tentatives de suicides… depuis que je suis une gamine, depuis l’école élémentaire, je suis suicidaire, aucun n’a réussi. C’est pas de bol ou c’est que je ne mène jamais rien jusqu’au bout ?

 

On va dire qu’il y a des deux. Il y a eu des deux, je le sais bien… Mais alors comment savoir quelle est ma place là dedans, mon influence ?

 

Je commence à trop réfléchir, ça n’a plus rien d’automatique si je reformule avant d’écrire, je vais devoir arrêter sauf si je trouve autre chose ah OUI !

 

LE SILENCE

C’est pas ce que vous croyez. Le silence, c’est quand j’appelle ma mamie pour demander si je peux passer le week-end chez elle avec ma petite amie, qu’elle répond avec enthousiasme que oui, il n’y a aucun problème. Puis que je reçois un appel de mon père qui me dit que selon ma tante ma grand-mère n’est pas emballée à l’idée que je la mette face à la réalité de ma bigouinitude, et donc de ma relation homosexuelle actuelle. Puis je donne ma version à mon père qui téléphone à ma grand-mère, puis il me répond que ça ne la dérange pas et elle me rappelle ensuite pour me rassurer.

Et là, j’apprends qu’une fois de plus, j’aurais du préférer le silence, la discrétion, me cacher, les épargner plutôt que de confronter ma famille à la réalité de ma vie. Bordel ils ne savent même pas la véritable raison pour laquelle j’ai été internée en HP, la moitié d’internet le sais mais pas eux. Parce que chuuuuuuuuuut il faut faire un beau sourire et présenter le portrait idéal comme on t’a montré en exemple, même si t’as bien pigé petite maligne que les exemples devant toi étaient fourrés de merde, de violence, de mensonges, tous ces gens parfaits mais chuuuuuuut il ne fallait surtout pas parler de leurs problèmes car cela les regardait mais MOI, j’ai des problèmes d’anormale, alors il faut que ça fasse le tour du répertoire téléphonique en sautant ma ligne sauf si par miracle mon père entend quelque chose. Et encore, s’il décide de s’en mêler…

Parce que là, je pars en terre inconnue, là je ne sais pas si je vais être bienvenue ou simplement tolérée et je vais pas n’importe où hein je vais chez la mère de mon père. Mais comme je l’entends commenter le JT depuis des années, et comme ma tante a laissé fuiter une bombe, je sais que ce n’est que de la tolérance, c’est à dire ce qu’on accorde aux gens qu’on n’arrive pas à respecter. Juste le droit de paraître sans trop la ramener, le droit d’exister, d’avoir une existence reconnue par les autres humains GÉNIAL bon sang quelle luxe !

 

J’ai comme envie de freiner des 4 freins et d’annuler ce week-end car franchement qui a envie d’être toléré dans sa famille ? Personne, d’une famille, on attend un peu mieux.

 

Mais bon d’où je parle aussi hé, jdois déjà m’estimer heureuse de ne pas être morte sous les coups et dans le silence le plus absolu.

La légendaire discrétion des dominants

Soit réaliste, soit raisonnable, n’en demande pas trop, tu devrais accepter de faire profil bas, tu sais un peu de consensus, vous autres vous manquez de discrétions, encore une manifestation ça n’arrête jamais, tu veux pas passer à autre chose, tu es agressif-ve, tu manques de discrétion, grandis un peu, c’est comme ça, on n’est pas dans le monde des bisounours.
Tout cela vous est étrangement familier?
Félicitations ! ☻/

Femme, homo, bi, transgenre, intersexué-e-s, noir-e, arabe, handicapé-e, malade, musulman-e, juif-ve, [religion de votre choix qui ne soit pas chrétienne], gros-sse, prolétaire, libertin-e, pute, polyamoureux-ses, végétarien-ne, vegan. Vous en êtes ?

C’est bizarre, aussi différentes puissent êtres toutes les personnes appartenant à une ou plusieurs des catégories citées, nous avons probablement ce point en commun pour la plupart d’entre nous. L’injonction à la discrétion, au silence et à l’adaptation aux critères des dominants. Oui je dis « des dominants » et pas « de la majorité », car si en France vous enlevez femmes, homo, bi, transgenres, intersexué-es, noir-es, arabes, handicapé-es, malades, musulman-es, juif-ves, [religion de votre choix qui ne soit pas chrétienne], gros-sses, prolétaires, libertin-es, putes, polyamoureux-ses, végétarien-nes, vegans il ne reste plus qu’une petite partie de la population initiale, n’est-ce pas ? C’est pour cela que j’aime bien l’intersectionnalité, cela permet de prendre conscience de notre force… Au fait, j’ai créé un forum à ce sujet, bienvenue ! http://intersectionnalite.forumactif.org/

Les conservateurs, ces victimes silencieuses

Avec les frasques de la manif’ pour tous, on commence à l’oublier, mais les conservateurs se sont longtemps targués d’êtres une majorité silencieuse qu’on ne respecte pas. Pendant les manifestations sur la réforme des retraites par exemple. Il y a aussi les membres de ma famille, de droite, qui se vantent d’être allés travailler pendant mai 68 et d’avoir fermé leur bouche. Parfois ils se plaignent de telle ou telle réforme passée mais si je demande leur réaction à l’époque, ça se limite à gueuler contre son écran de télévision. Qu’à cela ne tienne : ils sont très fiers de ne pas avoir milité. Et c’est le cas de beaucoup de conservateurs en fait…

Les mouvements sociaux, les manifestations, les passages dans les média, semblent être pour eux une pratique honteuse qu’ils ne sauraient se réduire à avoir. À moins bien sûr qu’on essaie de donner les mêmes droits aux familles des homo qu’à celles des hétéro : la c’est l’émeute ! Mais aussi, ’faut les comprendre, avec un gouvernement de gauche, ils ne se sentent plus chez eux. Pester dans les commentaires des 4 vérités, d’Atlantico et du Figaro ne suffit plus, il faut agir !

Et finalement je me dis tant mieux. Oui, tant mieux qu’ils se mettent eux aussi à trouver la rue utile, à considérer qu’il faille manifester lorsqu’on est en désaccord avec le gouvernement. Bon forcément, ils découvrent aussi la violence qui va avec, la répression, les CRS et comme BFM TV nous a fournit un reportage assidu de la manif du 24 mars, des militants de gauche hilares ont pu entendre des réac’ s’imaginer qu’il n’y a que eux qu’on charge, gaze, frappe lorsqu’ils essaient de passer un barage de CRS. S’imaginer que quand ce sont ces salauds de gauchiiiissssss qui défilent les forces de police auraient la fleur au fusil, le sourire et que nous pourrions circuler dans toutes les rues de notre choix. Pourquoi ils imaginent cela ? Parce qu’il n’étaient jamais venu défiler avec les gauchistes, ou les anar, ou les lgbt, ils voyaient juste le reportage du JT de TF1 qui montrait tout le tintamarre et l’agitation de la manif en évitant soigneusement les charges et le gaz. Avant il n’y avait guère que les fachos, à droite, pour agir dans la rue, hélas, avec une violence inouïe, la ville de Lyon en sait quelque chose… Désormais, avec la manif’ pour tous, des réac’ de toutes sensibilités découvrent ce que coûte une mobilisation, ce qu’il se passe dans la rue, ce qu’est le travail des CRS. Je n’en demandais pas tant. S’ils commencent à trouver la rue utile et les CRS emmerdant, on peut naïvement espérer qu’ils vont se calmer sur la surveillance partout, la privatisation de la rue, la répression policière. Non, je rêve ?

Oui je rêve. Car eux se confèrent une légitimité qu’ils n’accorderont jamais aux gauchistes, déviants sexuels, métèques qu’ils détestent tant. Car eux défendent des valeurs dont ils pensent qu’elles ont toujours été, juste parce que ça fait vachement longtemps que ça dure et qu’ils n’ont pas cherché précisément la date d’apparition. T‘façon, la recherche, c’est rien que des fonctionnaires socialistes alors… Rien ne vaut le bon vieux non-argument du «bon sens». Comme ils ne veulent pas chercher, il faut bien qu’ils trouvent leur inspiration quelque part, ce sera donc dans une inspiration transcendantale, ils sauraient la vérité d’instinct depuis leur naissance, rien ce ne les détournera de ce chemin indiquant : LE BON SENS ! Personne ne sait où il mène, mais il a moult adeptes.

Quand on a saisi à quel point ces gens là sont dénués de doute, on comprend mieux leurs réactions et recommandations à l’égard des militants qu’ils jugent mal-avisés.

Pourquoi nous veulent ils plus discrets ?

Quand nous gueulons, ça s’entend. Mais on peut nous ignorer. Quand il y a une grève, on peut laisser le mouvement se fatiguer en une paire de semaine et continuer à agir comme si rien ne s’était passé. Une manif, tant que les média n’y prêtent pas trop attention et qu’elle est froide et facilement dispersée, l’impact sera minime.

Et alors, les réac’ de tout poil vont venir t’expliquer que ta manif, là, c’était bien mignon, mais qu’il faudrait songer à travailler et l’ouvrir un peu moins. Ou alors que la Gay Pride, ça dessert la cause car c’est pas discret et puis vulgaire, mêmes qu’ils ont vu des fesses, des nichons et des ventres alors que c’était même pas sur la plage. Et eux ils connaissent des noirs/arabes/gays/lesbiennes mais qui ont la décence d’être discret alors ça leur va. Ça leur est jamais venu à l’idée que leurs «amis» sont discrets en leur présence simplement par consensus, parce qu’ils sont du genre timides et ne veulent pas se disputer. Ou qu’ils se font discrets, ne se politisent pas, ne vont pas aux manif’, par crainte d’être agressés.

J’en déduis que pour être efficace il est nécessaire d’être jugé indiscret par les réac’, sinon cela signifie que nous n’avons eu aucun impact. S’il n’y a rien qui les secoue, ils vont passer, oublier, et ’faut pas compter qu’ils nous respectent plus qu’avant.

Je les vois comme ces vieux beauf instruits qui expliquent qu’ils ne sont pas misogynes puisqu’ils aiment par dessus tout les belles femmes ! Les moches, celles pas à leur goût, qu’elles changent ou qu’elles crèvent, on s’en fout. Je transpose : ils n’ont rien contre nous, rien contre les «minorités» à condition que les personnes en faisant partie soient discrètes et tentent de rentrer dans le moule, de les imiter. L’arabe en costard cravate sera leur égal, mais celui en djellaba un dangereux extrémiste. Une femme qui travail a tout leur respect, mais à condition qu’elle gère seule le ménage, la lessive, la cuisine et les enfants aussi. Vous voyez le principe ? Égalité, OK, mais à conditions que nous suivions leurs coutumes, leurs mœurs, leurs goûts, leur vision globale du monde et de ce que doit être la société.

Et la me reviennent en mémoire des propos que j’ai très souvent vu passer… Parfois au sujet du racisme, ou du féminisme, ou de l’homophobie… C’était durant des conversations, sur des commentaires d’articles sur le net, dans des reportages. Je vous donne le modèle «Alors moi j’avais rien spécialement contre les [insérer minorité ici], mais maintenant que j’ai vu cet acte militant pas très discret et cette personne exprimer sa colère, bah je les déteste tous et je ne ferai rien pour soutenir, là !» Allez, dites, vous aussi vous connaissez ça, n’est-ce pas ? Mais qu’est-ce qui peut bien faire croire à ces ahuris que nous recherchons en priorité leur complaisance et leur amour ? L’orgueil de paon prêt à fourrer mâtiné de la recherche d’attention d’un chihuahua mal toiletté associé à une grossièreté de phacochère lobotomisé que ne cachent absolument pas de tels propos ! Votre amour ? Vous croyez que nous recherchons votre amour ? Attendez, là, tout va s’expliquer, parce qu’en fait vous avez cru ne devoir le respect et la politesse qu’aux gens que vous aimez ? Et bien on est mal barrés si on vous suit là dessus ! Déjà, commencez par rechercher la tolérance, c’est le minimum qui permet de ne pas être violent avec les personnes différentes de nous. Après, peut-être aurez vous assez évolué pour tenter de ressentir du respect. Et alors le chemin vers l’égalité vous semblera plus clair et le militantisme plus justifié. Mais pour l’amour, on va pas s’affoler hein, vous en faites pas, nous avons nos propres amis, proches, partenaires, nous pourrons vivre sans vous.

Le pire, c’est quand ce genre de comportements se retrouvent jusqu’à l’intérieur des milieux militants ! Les LGBT qui parfois ne supportent pas les «folles», les femmes qui s’époumonent pour clamer haut et fort qu’elles ne sont pas féministes, afin de complaire aux hommes mal à l’aise devant les militantes, obtenir leurs susucres. Les féministes qui veulent qu’on fasse du militantisme mais sans jamais être agressif. Les homo anti-gay-pride parce que c’est pô discret. Tous ces gens sont pourtant pas totalement crétin, ni profondément méchants, mais eux aussi sont passés par les injonctions au silence, à la discrétions, à l’intégration, à l’assimilation pardon ! Car en France, on n’intègre pas, on assimile ! Et certain-e-s y ont été plus sensibles que d’autres.

Alors c’est quoi la discrétion ?

La discrétion des dominants, c’est d’êtres présents en majorité écrasante en politique dans tous les secteurs, ainsi que dans les corps de métiers de CSP supérieures. C’est aussi d’être sur-représenté parmi les héros de fictions, dans les média, la presse, les reportages. Travaillez, roulez vous des patins, racontez nous tout de vos troubles émotionnels et votre crise de la quarantaine dans toutes les salles de ciné, sur toutes les affiches, dans les livres, à la radio, partout ! N’oubliez pas d’être en toute situation considérés comme le choix par défaut, l’être par défaut. Que tout ce qui n’est pas comme vous fera parti d’une catégorie à part, bien déterminée, marquée. Les chercheurs, les journalistes, les politiciens, les protagonistes, les ingénieurs : c’est vous ! Les délinquants, les militants violents, les crève-la-faim : c’est les autres ! Allez et comme vous tenez absolument à être discret et passe-partout, plaignez vous de subir des stigmatisations et du racisme malgré tous vos privilèges !