Saga Tore Épisode 4

Épisode 1

Épisode 2

Épisode 3

Les 117 entrent sans dicipline dans l’amphithéâtre et se mettent tou⋅te⋅s à fixer l’écran noir. De nombreuses conversations se rejoignent sur un même sujet : l’aspect des terrains derrière les résidences. Ils ne semblent pas vraiment exploitables. De la poussière, de la caillasse, qu’est on censé en faire ? Quelques personnes réclament le silence tandis que des points lumineux colorés commencent à briller sur l’écran.

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Saga Tore – Épisode 3

Épisode 1

Épisode 2

Épisode 3

Lum s’en voulut d’avoir traîné autant. Iel n’a aucune idée de ce qui l’attend. Le manuel n’est pas beaucoup plus utile pour le moment, il faut se rendre à la salle de projection au centre du complexe avant 11h pour y recevoir des informations. La lumière est douce, on doit arriver au moment principal des journées de l’intérieur de Torre. Lum jette un dernier coup d’œil à son appartement avant de fermer la porte. Iel n’avait jamais été aussi confortablement installé⋅e, ce qui est innatendu. Tous les détracteurs de ce projet avançaient que les pionniers seraient mal traités, mal logés, sous-nourris et d’autres horreurs à faire frémir. Ont ils été trop pessimiste ou bien est-ce encore trop tôt pour se prononcer ?

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Saga Tore – Épisode 2

Le temps que Lum atteigne l’immeuble où se trouve son appartement, la nuit a commencé à tomber sur le centre de Tore. Les satellites artificiels ont été recouverts afin de créer une nuit. Le centre de Tore autrefois toujours plongé dans les ténèbres peut à présent être éclairé en permanence grâce aux 5 satellites qui se renvoient la lumière du soleil quelle que soit la position de Tore. Juste un faible scintillement provenant des lunes extérieures et des étoiles éclaire encore le secteur où les 117 pionnier⋅ères ont été envoyé⋅es. Baignée par cette lumière tamisée et argentée, la longue chevelure grise de Lum prend un aspect merveilleux. Je lo regarde, iel me tourne le dos et n’a aucune conscience de ma présence. J’aime ses cheveux… ils ne s’arrêtent qu’à partir de ses jambes… longues également. Lum est pourtant considéré⋅e comme petit⋅e de la région d’où iel vient : Plaine Morte.

Au bout de quelques minutes, au 8ème étage, vers la gauche, une lumière apparait à la fenêtre, suivie par l’ombre de Lum. Puis une seconde lumière. Son appartement compte deux pièces, une cuisine équipée, une salle de bain relaxante et un jardin commun est accessible dans une serre jouxtant l’immeuble. C’est une bonne surprise, Lum ne s’attendait pas un traitement aussi agréable pour un⋅e célibataire apatride.

Lum décide de remettre à demain la lecture des instructions et se laisse aller dans son bain à bulles parfumé. Iel imagine des oiseaux de mer, une odeur d’iode… les cris des dockers… son esprit prend le large…

***
Aux alentour de 10 heures, la lumière s’intensifie au centre de Tore. Lum se réveille dans son lit sans se souvenir y être allé. Iel porte encore les habits avec lesquels iel a quitté la zone extérieure de Tore : un débardeur blanc taché et abimé, une chemise en soie de chenille grise, une veste de laine doublée, une jupe longue d’hiver en laine, des mocassins en écorce. Autrefois Lum ne portait que des habits de travail et de sport, cumulant les petits boulots, mais iel se découvrit un talent pour la détection et l’archivage d’informations. Sans diplôme, Lum avait travaillé clandestinement et ne fut pas toujours payé⋅e comme il se devait… mais impossible de s’en plaindre sans se dénoncer soi-même.

Lum repense à ses songes de la veille. C’est peu après avoir échoué au concours d’entrée à l’acédémie du Rassemblement pour la Recherche et la Navigation Spatiale (RRNS) qu’iel avait quitté la Plaine Morte… l’avait quittée avant d’en être banni⋅e… Les lois sont strictes sur les terres ingrates, arides et rocheuses de Plaine Morte. Une fois une carrière choisie, il faut réussir et travailler pour sa région ou échouer et être banni⋅e. Cela dissuadait bien des gens d’avoir de l’ambition mais Lum, contrant l’avis de ses proches, confiant⋅e en ses capacités, avait choisi de devenir un⋅e agent navigant spatial. Lum a pleuré pour la dernière fois en quittant Plaine Morte et s’était juré de ne plus jamais verser une larme ni jamais se plaindre. Il lui fallait accepter son échec. Pour ne plus penser à Plaine Morte, Lum avait rejoint Merveille, une côte de l’unique océan de Tore. Le nom que cette région s’était attribuée était aussi vaniteux que ses habitants. Merveille connaissait une richesse inégalée sur Tore, mais aussi les plus grandes inéquités. Certaines familles avaient fait leur fortune il y a plusieurs générations et leur engence dégénérée et oisive ne faisait que récolter ce qu’ils ne semaient pas, et afficher leur mépris pour les Mains Sales. Aristocrate ou Mains Sales, tu es l’un ou l’autre à Merveille. Lum avait été un enfant de Plaine Morte, puis un⋅e banni⋅e de Plaine Morte, avant de faire partie des Mains Sales de Merveille. Pourtant ses souvenirs les plus doux se portaient vers cette côte…

Les pensées de Lum sont brutalement interrompues par une alarme tonitruante. Il est 10h30. Lum se précipite vers son paquet et cherche fébrilement son uniforme et ses instructions.


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Saga Tore – Épisode 1

Avant propos :

Voici le premier épisode d’une saga de science-fiction de mon invention que je vous propose en libre lecture ici, sur ce blog. Chaque nouvel épisode sera publié dans la catégorie « Saga Tore ». Afin de m’aider à trouver le temps et l’énergie nécessaire à cette écriture, je vous invite à utiliser la fonctionnalité « donate online » dans le menu supérieur du blog. Cela nécessite un compte Paypal et je m’en excuse, je préférerais aussi un simple système de paiement par carte bancaire.

Je profite de ce récit pour m’exercer à une écriture de genre neutre. Le sexe des personnages n’importera qu’en cas de scène érotique et leur genre ne sera révélé que quand iels seront disposé⋅es à le faire, s’iels ont un un genre… Concernant l’accord des adjectifs, j’utilise la règle de proximité.


 

Iels marchent lentement, en rang et en silence. Des échanges de regards me permettent de cerner leurs inquiétudes, la colère de certains, l’espoir d’autres. Certain⋅es sont excité⋅es, d’autres souhaitent plus que tout reculer.

Le silence se brise. Les agent⋅es de transfert humain viennent d’ouvrir de lourdes portes qui semblent faites de pierres jusqu’ici inconnues aux membres du groupe qui avance. Un soupir parcours la foule. Les portes en pierre, sur le reste de Tore, sont le signe distinctif des prisons, des asiles et des instituts d’instruction. L’agent⋅e Pacem, sentant la tension monter, souffle dans un long tube duquel s’échappe un bruit bas et régulier recouvrant toute la zone. Un⋅e autre agent⋅e s’avance et prend la peine de parler, craignant qu’il ne soit vraiment nécessaire de le faire s’iel ne veut pas avoir à gérer une révolte. Or, l’agent⋅e Dolor souhaite plus que tout regagner son appartement où iel préparera une infusion, quelques biscuits, et se reposera. Son appartement sera du bon côté de cette porte, c’est alors sans compassion qu’iel annonce :

 » Pour des raisons de sécurité, pour vous comme pour le reste des habitant⋅es de Tore, une quarantaine est mise en place à partir de votre entrée ici. L’installation rendant habitable le centre de Tore n’a jamais été testée sur un groupe humain aussi nombreux auparavant. Vous le savez, vous en avez été avertis. Cette porte sera bien entendu retirée dès que les risques auront été écartés. L’Ordre des Gouvernement de Tore vous exprime sa gratitude pour votre diligence et votre courage.  »

Le silence revient tandis que le groupe, une centaine de personnes, 117 exactement, traverse l’entrée avant que la lourde porte ne se referme derrière elleux.

Devant, alignés, des paquets numérotés. Chaque individu consulte le numéro tracé peu avant sur le dos de sa main gauche et va chercher son paquet.

Chaque paquet contient :

– une carte de la ville et de ses environs avec une marque sur le logement assigné;

– une clef;

– un mois de ration;

– les instructions à suivre pour le bon fonctionnement de la cité et la production autonome de nourriture et d’énergie d’ici un mois;

– deux uniformes;

– un pot de crème pour la peau.

Lum baisse les yeux sur le numéro 66 qui lui a été attribué puis lève les yeux vers les cinq satellites artificiels, semblables aux deux lunes gravitant autour de l’extérieur de Tore, qui reflètent la lumière en direction de l’intérieur de Tore. Lum songe à la galaxie D35, non loin d’ici, où les planètes, au lieu d’être en forme de roues, sont en forme de boules. Cela doit poser bien moins de problèmes tant sur le point de l’ensoleillement qu’au sujet de la gravité. Mais Lum échoua a devenir navigant spatial et l@ voici désormais ici, au centre autrefois ténébreux de Tore. Avec son paquet.

Une longue marche l’attend vers son logement. Iel commence dès alors. Le paquet est lourd, Lum peine. Mais iel s’est juré⋅e de ne plus se plaindre.

Une nouvelle vie attend 117 individus. Le reste du monde attend avec fébrilité que les 40 jours et les 40 nuits extérieures, soit deux mois, soient passées et que les résultats, fantastiques, affligeants ou terrifiants, soient visibles et diffusés à grande échelle.


 

Fin de l’épisode 1.


 

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