Logement et paupérisation – partie 1

J’ai prévu d’écrire un long article sur les différentes attaques au droit au logement qui ont été réalisées sous la Vème république. Mais cela me demandera, vu le peu de temps libre dont je dispose, beaucoup de temps, et je tiens à commencer à écrire dès que possible sur une situation urgente.

Voici les recherches à réaliser pour avoir le contexte de l’article : rapport, cours des comptes, APL, CAF, prime pour l’emploi.

Résumé : le nouveau projet de paupérisation du gouvernement PS *rires enregistrés* est de supprimer le droit à l’APL (allocation logement) pour une large partie de la population. Bien entendu ce n’est pas formulé ainsi. Il s’agit de la fusionner avec d’autres prestations comme la prime pour l’emploi ou le rsa ou l’AAH. La faire disparaitre finalement car cette fusion n’implique pas une addition des allocations. Par exemple ça va considérer que comme tu as déjà un rsa pourquoi aurais tu besoin d’une APL vu que tu croûle sous l’argent ?

La prime pour l’emploi est distribuée par le Trésor Public à partir des déclarations de revenu. Elle dépend du nombre d’heures travaillées, ni moins ni plus. C’est un système de plafond de plus dont on connaît déjà les travers. Mais surtout cela signifie que les personnes sans emploi n’auront aucune chance de toucher une APL. Plus encore, les personnes qui ont travaillé mais n’ont pas atteint le plafond d’heures, et celles qui ont travaillé et dépassé ce même plafond. Résultat, il n’y aura aucune logique, pas même au « mérite », dans l’attribution de cette prime et l’ouverture au droit à l’APL.

La réthorique gouvernementale concernant le chômage est qu’il suffit de faire des efforts pour obtenir un emploi, que nous sommes paresseux et ne rêvons que de vivre sans travailler aux frais de l’État. Cela ignore que nous ne travaillons pas tous, et ne travaillons pas tous autant, pour diverses raisons, comme la santé, la situation familiale, le manque de formation, etc.

Les principaux⋅ales exclu⋅es seront:

  • les mères isolées, dont les obstacles à l’emploi sont l’absence de solution fiable de garde des enfants avant et après l’école (crèches dépassées, nounous trop coûteuses, écoles qui finit + tôt, garderie payante), le sexisme institutionnel, le manque de formation pro accessibles et la difficulté de se loger elle même. Couper l’APL agravera la situation et pourrait mettre des familles littéralement à la rue. Cela signifie entre autres que les mères en relation abusives risquent de se retrouver coincées avec leur agresseur faute de moyens.
  • Les handicapé⋅es et malades chroniques. Pas assez d’heures travaillées = pas d’APL. Tous⋅tes ne touchent pas l’Allocation Adulte Handicapé et même avec ce n’est pas suffisant pour se loger et vivre. D’autant plus que la plupart essaient de se loger dans des villes pour des raisons d’accessibilités et que les loyers y sont encore plus élevés.
  • Les étudiant⋅es qui ne se salarisent pas et les étudiants salariés qui n’auront pas bien visé le plafond d’heures travaillées, les étudiants salariés en première année qui n’auront pas d’heures à présenter pour l’année précédente.. Les étudiant⋅es salariés ne sont déjà pas considérés, mais on n’a pas oublié de les emmener dans ce pétrin.
  • Les chômeur⋅ses longues durée et les bénéficiaires du RSA. Ces derniers voient déjà leur droit à APL attaqué par la fusion du RSA avec l’APL.
  • Les retraité⋅s.

En résumé : rendre les pauvres + pauvres encore. Et pire que cela : les priver de logements. Même avec une APL réunir suffisament de garanties pour satisfaire un propriétaire bailleur, c’est à dire un exploiteur, est d’une grande difficulté. Les personnes les plus isolées, les plus fragiles, les personnes sans emploi, ont besoin de chance pour se loger, tomber sur quelqu’un qui accepte un arrangement ou avoir un solide garant. Sans APL l’exploiteur perdent une des garanties de pérennité de versement de son loyer et vont donc préférer une personne qui a un emploi et donc une APL. Lles APL servent à enrichir les propriétaires, pour rappel, pas les locataires, les propriétaires n’hésitent pas à vous dire qu’il y a les APL quand vous regrettez un loyer trop. Les pauvres vont donc être privés de logement par le gouvernement. Cela signifie que le gouvernement essaie une fois de plus d’assassiner les pauvres.

En attendant de trouver des tripes de banquier pour pendre des ministres, il va donc falloir s’organiser pour s’assurer qu’aucune expulsion de fera suite à cette mesure si elle passe (elle passera). Et pour empêcher les expulsions il faudra être en nombre car comme un village isérois nous l’a récemment prouvé même vos voisins réac’ sont près à se mobiliser en milice pour vous expulser de votre logement.

Les divisions auxquelles nous pouvons nous attendre :

  • les personnes dépassant le quota d’heures pour toucher l’APL vont se plaindre de travailler + que les autres et gagner moins, nous connaissons déjà cette réthorique. N’oubliez pas que c’est le gouvernement qui vous vole, pas les personnes encore plus pauvres que vous.
  • Les réfugiés, demandeurs d’asiles et clandestins bien qu’ayant un accès au logement des plus précaires subissent les effets d’une propagande faciste qui essaie de nous faire croir qu’ils ont tout, qu’on leur donne tout, que leur situation est confortable. Le but est d’éveiller la jalousie chez les autres qui ont du mal à se loger en utilisant la préférence nationale. Pointer du doigt les étranger est la plus ancienne méthode de division pour détourner l’attention du peuple de ses dirigeants corrompus.

J’ai tâché de faire cours donc s’il vous plaît, lisez et partagez. J’essaierai de compléter cet article plus tard.

Le gouvernement veut tuer les pauvres à petit feu, en laissant faire la misère, la faim et le froid, alors ne nous montons pas le chou contre des chimères. Ne nous attaquons qu’aux puissant. Et ne nous sentons pas coupables de squatter, de ne pas verser son loyer, de contourner une expulsion. Ce sont les bonnes choses à faire, ce n’est que stratégie de survie.

Je cherche des plateformes médiatiques efficaces pour diffuser ce message. Une amie est capable d’écrire longuement sur ce sujet, détails et analyses à l’appui. Informez moi, faites passer.

C’est fatigant de ne pas se connaître

« Connais toi toi même », c’est de Socrate, rapporté par Platon, il me semble. « Aime toi toi même » ça je ne sais pas d’où ça sort.

Me connaître moi même, je ne sais pas si j’y arriverai un jour. Et je trouve perverse l’idée qu’il faille forcément faire preuve d’amour propre avant d’aimer les autres. Les personnes souffrant de maladies mentales sont souvent sujettes à la dépression, à des angoisses, sont très exigeantes envers elles même, ce qui n’affecte pas leur capacité à aimer autrui. Et d’ailleurs, je ne pense pas qu’il faille forcément aimer une personne pour bien se comporter avec elle, lui venir en aide. Il y a des gens pour qui je n’éprouvent aucun respect, qui représentent tout ce que je méprise dans le monde, ce n’est pas une raison pour les laisser souffrir sans faire un geste. Quel rapport avec moi ? En quoi suis-je une référence ? Ce serait odieux.

Voici un dessin que j’ai fais hier. Moi tenant un autoportrait absolument pas ressemblant, on dirait vraiment une autre personne sur le dessinJ’ai dessiné ceci avec l’intention de réaliser un autoportrait. Et c’est ce qui m’est venu sur le moment. Je connais ce visage, mais ce n’est pas celui que j’ai vu dans le miroir après avoir dessiné, ce n’est pas non plus celui que j’ai sur cette même photo.

Ce n’est pas grave. Cela m’arrive tout le temps. Je regarde dans le miroir et on me regarde en retour. Je me soucis d’événements qui ne me sont pas arrivés. Je ne reconnais plus mon nom, je ne reconnais plus mon corps, je ne reconnais plus mon odeur. Ces choses là m’arrivent parfois. Cela peut être perturbant, angoissant. Des expériences similaires sont parfois décrites par des psychiatres qui présentent alors cela comme des psychoses, des hallucinations. Dans les fictions ces choses là servent d’alibi pour faire du personnage un meurtrier ou un agresseur, c’est pratique. Ce n’est pourtant pas ce que vous croyez. Je ne vis pas cela en délirant, fiévreux⋅se, balbutiant des inepties. Je ne suis pas non plus convaincu.e d’être possédé⋅e ou d’avoir un double maléfique et je ne vais pas non plus blâmer une autre personnalité pour mes erreurs.

Je suis bien des gens et je vis dans bien des réalités, je ne vois pas pourquoi ces personnes et ces réalités devraient forcément s’exclurent. J’en ai assez que des jaloux de ne pas vivre dans un univers aussi vaste que le mien tentent de me soigner.

J’ai mal aux jambes et aucun médecin ne prend cela au sérieux. Alors soignez donc ça. Le reste je m’en charge.

Le docteur qui attend la bonne réponse.

Je me demande pourquoi les psychiatres reçoivent un paiement pour leur travail au lieu de leurs patients. Bon ok je plaisante mais je sérieuxe aussi un peu. C’est vrai que j’ai souvent l’impression d’amuser les psys, de les divertir. Croyez le ou non je ne viens pas les voir pour cela. Si eux pouvaient me faire sourire de temps en temps au lieu de me donner envie de partir vivre en ermite dans la forêt, ce serait une avancée. Au lieu de cela, à chacune des séances avec mes différents psychiatres (en libéral, en institution…), j’ai eu l’impression d’assurer mon numéro de patient⋅e pendant qu’il observait passivement, soulignant quand il est amusé. (oui, tous mes psychiatres ont été des hommes). (des hommes blancs). (des hommes blancs et riches et mariés, c’est vous dire si ils avaient peu de chance de me saisir). (enfin ou tu peux me saisir facilement si par là tu entends me découper, me mettre dans une poêle chaude et huilée, ajouter de l’oignon hâché menu, de l’aïl, du poivre, du thym et un soupçon de sel).

Au début je n’ai pas saisis la raison de cet amusement. Puis j’ai été interné⋅e de force en hôpital psychiatrique. Là tout s’est accéléré, les enjeux ont changé, car je ne suivais plus une thérapie de mon plein gré avec un médecin de mon choix (choix limité mais choix tout de même) dans le but d’améliorer ma santé, mais par obligation avec un clampin sorti de nul part qui passait par là lors de séances de dix minutes maximum. Pour ajouter au malsain : toute possibilité de sortie de cet hôpital était sous condition d’un accord du médecin, du psychiatre, autrement dit le gardien des enfers. Je ne vais pas radoter car j’ai déjà expliquer en long en large et en travers sur au moins deux article comment ça se passe en HP et pourquoi cela m’a traumatisé⋅e, blessé⋅e, énervé⋅e et poussé⋅e au bout de mes limites. Et ohlala vous le savez, vous qui me connaissez, que mes limites jouissent d’une remarquable élasticité… mais un élastique ça peut craquer aussi. Enfin, ça « pète », rien d’étonnant, la grâce n’a jamais été nelson (mon fort, hoho).

En HP les séances étaient toujours rapides. En face de moi le psy allait alors droit au but. En gros « comment ça va ? ». Voilà, si un jour vous êtes en mission d’infiltration et devez vous faire passer pour un psy, ne faites pas comme à la télé, ne faites ni tests ni tentative d’analyse : demandez comment ça va. Ensuite, patientez. Quand vous voulez des sous, dites que c’est intéressant et qu’on va s’arrêter là pour aujourd’hui, puis, si on vous questionne sur vos pratiques, expliquez que c’est normal puisque vous êtes lacanien. Après avoir maugréé que je m’emmerde, que je suis en rogne et que je veux rentrer chez moi, le psy sortait un formulaire dont je ne connaîtrai jamais le contenu et se mettait à répéter les mêmes question à chaque fin de séances. Il écrivait ou cochait en même temps, il devait s’agir d’une sorte de mémo pour voir si j’ai assez de points pour obtenir une sortie. J’ai été un⋅e cancre au départ. Il a pas sourit du tout en cochant des trucs et il m’a dit que je ne pourrais pas sortir tant que je n’aurai pas fournit d’efforts, tant que je continuerais à refuser d’avancer. Avancer dans quelle direction ? Mystère. Des efforts à quel sujet ? Je ne sais pas plus. Après je retournais à ma routine hospitalière et puis paf re coucou docteur on recommence.

Au fur et à mesure j’ai décelé ce qui lui plaisait, ce qui me faisait gagner des points. Soit il souriait, soit il me regardait. Avec le dernier psy que j’ai eu la bas, celui que j’ai le + fréquenter, qu’il me regarde était vraiment un signe. Le reste du temps il regardait ses papiers ou son écran pendant que je parlais. Alors je me suis trouvé⋅e une vocation : faire sourire le psy. Ainsi j’ai obtenu de sortir de l’hôpital, qu’on arrête enfin de s’obstiner  me prescrire de l’Abilify car personne ne semblait me croire quand j’expliquais à quel point cela me rendait malade, qu’on se décide enfin à reconnaître par écrit que oui, même pour la sécu, le trouble bipolaire étant incurable, ce serait sympa de me classer en ALD pour éviter des procédures inadaptées et ne plus dépendre de ma mutuelle pour le traitement et même, ô espoir, ô Graal, ô sagesse des célestes étoilés, du Tercian. (attention les enfants je ne dis pas que le tercian ça poutre et tout, je dis que ça me convient particulièrement bien, surtout depuis que j’ai arrêté les benzo).

Jouer le jeu… être corporate… les bonnes manière… Je déteste cela. Jouer la comédie est un art, une merveille. Le théâtre, le cinéma, les contes, les jeux de rôle : on joue la comédie pour l’art et le plaisir et pour raconter des histoires, dévoiler des idées. Mais jouer la comédie en permanence en tant que mode de vie, voilà la raison pour laquelle je suis considéré⋅e comme « asocial⋅e ». Mon évitement des groupes de gens et des sorties, ma façon de m’habiller adaptée à mes problèmes sensoriels, mon langage considéré loufoque et que je dois sans cesse surveiller et modifier pour me faire comprendre… mes gestes, mon langage non verbal, mon attitude, mes expressions et jusqu’à ma façon de me coiffer. Jouer la comédie au travail, dans la rue et même chez moi s’il y a des gens ou durant mes hobbies si ceux ci doivent impliquer la présence d’autres personne, est en grande partie ce qui a signé ma fin sociale. Je n’avais plus l’énergie et imaginer ma frustration de voir toutes mes cuillères disparaître dans ce gouffre au lieu d’être attribuées à des tâches utiles, intéressantes, enrichissantes… Mais après avoir craqué pour de bon et léché mes plaies, c’est à nouveau jouer la comédie qui m’a sorti⋅e du pétrin.

Oui docteur je vous respecte (ça va pas non on se connait pas et tu n’as jamais rien fait de respectable que je sache moi)

Oui docteur je respecte votre autorité (basée sur quoi ?)

Oui docteur les médicaments c’est super bien (tu dis ça car tu es de ceux qui ne font pas de psycho-thérapie, c’est un peu faible…)

Oui docteur l’hôpital veut mon bien (objection ! )

Oui docteur si on ne m’attache pas régulièrement je risque d’être dangereux⋅se (mais pitié arrête de dire des âneries même ton interne sait que je n’aurais jamais du être ligoté⋅e de la sorte !)

Oui docteur je viendrai vous voir au CMP (et je l’ai fais, ne prenons pas de risques).

Ah bah il a été tout content. Je ne sais pas si c’est mon QI un peu trop supérieur à la moyenne pour avoir une vie tranquille, ou mon autisme, mais j’ai trouvé cela tellement enfantin que j’ai douté que ce soit possible, je me suis dis qu’il ne pouvait pas être si bête et qu’il me piégeais. Pour tester ma bonne foi. Mais non. Ce mec a littéralement attendu que je lui donne les bonnes réponses à son formulaire que tout le monde peut deviner en peu de temps par élimination, tout bonnement. Fait plaisir au docteur, soit polie avec avec le curé et brosse toi les dents ma chérie. <3

Et puis je suis sorti⋅e et depuis je recherche un médecin à qui je puisse dire la vérité sans qu’il ne le prenne pour une attaque personnelle.

Je cherche…

 

 

Bienvenue au club !

NON ! Non, non, non et non !

Dr Cox de Scrub se tape la tête avec un bureau de rageC’est vraiment embarassant pour nous deux, arrête, s’il-te-plaît…

(là je viens de faire une longue pause juste pour regarder ce gif animé en ricanant sottement).

Oui donc je te parle à toi, le triste sire tragiquement célèbre. Celui ou celle qui, quand on parle de maladies mentales, ramène sa fraise avec une phrase type « Mais on a tous un grain de follie, nous sommes tous fous à lier, héhé ! 😉 ». L’émoticone qui fait un clin d’œil est importante, elle ajoute du potentiel énervant au personnage. Continuer la lecture de Bienvenue au club !

Difficultés à créer un safe space et proposition d’alternative

Une jeune femme portant de lourdes pierres sur le dos représentant le sexisme, l’homophobie, le racisme, le classisme, et regardant des panneaux indiquant différents lieux militants pointant tous dans des directions différentesSur des forums, des chats, des groupes de réseaux sociaux, dans des lieux de rencontre, beaucoup tentent de créer des safe space. Le principe est de faire en sorte que chacun soit libre de s’exprimer, participer, lire, écouter, sans devoir affronter de pleine face les oppressions quotidiennes. Le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, par exemple, motivent la création de safe space. Dans l’idéal un safe space doit être intersectionnel, sinon il ne sera pas accueillant pour une femme noire, un transexuel handicapé, une lesbienne musulmane, etc. Continuer la lecture de Difficultés à créer un safe space et proposition d’alternative