Des réalités et d’autres

Initialiement publié le 27/05/2015

Certaines personnes ne voient que ce qu’elles croient. Pourtant il ne faut pas croire tout ce qu’on voit, surtout à la télé, paraît-il. Mais on peut se la jouer saint Thomas et utiliser également le toucher, car oui ce gus là allait loin dans le glauque car il voulait enfoncer ses doigts dans les stigmates de Jésus pour s’assurer qu’il s’agissait bien de lui après sa présumée résurection. Il y a des scientifiques forcenés adeptes d’une méthodologie précise et qui ne sortent pas avec des gens qui n’ont pas le même sens aiguisé de l’épistémologie qu’elleux. Il y a des ésotériques qui clignotent de tous leurs chakras sur tout être ou objet à leur portée.

J’ai longtemps cru être un⋅e pur⋅e carthésien⋅ne, qui ne jure que par la science et ses bienfaits. Cependant c’était principalement car j’ignorais que je n’étais pas censé⋅e percevoir tout ce que je percevais. J’ignorais être anormal⋅e et scientifiquement incompatible avec la réalité. Ça m’a pris un certain temps pour accepter que si tous ces principes ne fonctionnent pas c’est parce qu’il n’y a pas la réalité, mais plusieurs réalités. Le réel peut-il se définir absolument, peut-on poser une vérité universelle ? Je ne le crois pas. Nous, tous autant que nous sommes, ne faisons que percevoir ce que nous définissons comme une réalité, mais nous n’avons pas tous la même sensibilité. Parfois nous sommes capables mais ne prêtons pas attention ou choisissons d’ignorer car cela ne semble pas crédible.

La plupart du temps, je ne suis pas capable d’identifier vos visages, pas même sur une photo. Ce n’est pas pour autant que je vais clamer que vous n’avez pas un visage définit. En groupe, en public, les formes se tordent et divergent à mes yeux mais ces variations ne semblent pas vous appaître ni être sensibles au toucher. J’ai décidé que ces variations dans les images que je crois voir ne sont pas réelles. Elles ne sont pas réelles en effet pour vous, le monde extérieur, le publique. Mais tout cela est réel pour ma personne, l’individu que je suis.

Enfant je pensais être le seul être pensant et doté d’un libre arbitre de la planète, ce qui aurait été la raison de ma souffrance et de ma fatigue. Et si j’avais eu raison à l’époque ? Alors la réalité telle que la majorité d’entre vous la perçoivent ne fait plus sens, c’est ma réalité la bonne.

Je suis unique et je suis la seule personne dont je suis certain⋅e de la présence d’une conscience. En bon⋅ne carthésienne ne devrais-je pas me méfier de tous⋅tes les autres ?

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