Aucune excuse

Je ne vais pas faire un long descriptif de ce qu’est la culture du viol. Ça a déjà été fait, par exemple chez Crêpe Georgette, Mélange Instable ou encore Daria Marx. Ici je vais vous raconter une petite histoire. Je vous recommande de lire un des trois textes plus haut si vous voulez comprendre l’intérêt de cette histoire si vous ne savez rien de la culture du viol.

J’étais en colocation avec deux hommes fêtards et très sociables. Comme j’étudiais et travaillais beaucoup, je participais rarement à leurs soirées. Cependant, un samedi où je ne travaillais pas, eu lieu une soirée mémorable, pleine de gens très drôles et de bonnes choses à manger et boire. Très vite tout le monde s’est mis à l’aise et on a beaucoup parlé de cul. Comme d’habitude je n’étais pas en reste sur le sujet.

 

Les heures ont passé, nous avions tous bus et étions fatigués. Tout le monde est resté sur place pour dormir. Alors que j’étais nue dans mon lit, m’apprêtant à dormir, un homme est venu frapper à la porte. Je lui dis qu’il peut entrer, il me demande s’il peut dormir dans mon lit (deux places) car il ne reste plus un seul canapé ou matelas de libre. J’accepte, lui demandant tout de même d’enlever ses chaussures car il semble assez éméché pour oublier. Il se couche et réalise que je suis nue. Il avait déjà passé une partie de la soirée à me draguer vaguement mais je n’étais pas intéressée.

 

Il m’a alors dis qu’il voulait me toucher, qu’il voulait faire l’amour avec moi et a commencé à me caresser doucement les cheveux. J’ai poussé sa main, ai sourit, et lui ai répondu que je ne voulais pas. J’ai dis précisément : « Non, je n’ai pas envie de coucher avec toi, je veux juste dormir. Je suis nue car je dors, c’est tout. ». Il sembla déçu, puis il se coucha et roupilla dix bonnes heures.

 

Je ne le revis jamais, il ne me revit jamais, chacun vit sa vie et nous n’avons rien divisé par zéro ce soir là.

 

Je résume : un homme ivre a rejoins une femme nue qui lui plaisait et lui avait parlé de cul dans son lit, avec l’accord de cette femme. Il a voulu baiser, elle a dit non, il a donc dormi sans la toucher.

 

Ça devrait pouvoir se passer ainsi naturellement. Pourtant, à chaque fois que je raconte cette histoire, les gens semblent très surpris. D’autres louent les qualités de ce héros, car il est vachement sympa de ne rien avoir tenté.

« Ohlala moi à sa place j’aurais…

– Tu aurais essayé de me violer ?

– Hein ? Non ! Mais enfin tu vois quoi, essayer de forcer un peu les choses, y avait trop moyen là !

– Mais j’avais dis non, c’est pour cela qu’il  n’a rien fait

– Mais c’est un couillon, non ça veut dire oui il fallait insister…

– Il est juste « pas un criminel ».  »

On en est là… ce mec est limite un héros pour ne pas avoir tenté de commettre un crime.

5 réflexions au sujet de « Aucune excuse »

  1. Merci beaucoup pour ce témoignage qui montre que l’on a encore beaucoup de travail à faire pour faire comprendre ce qu’est la culture du viol.

    Et une pierre de plus à l’édifice que de ma perte de foi en l’homme. Car lire que des propos comme « il est couillon, fallait insister » on était tenu de façon convaincue… Un peu comme quand j’ai entendu ce matin sur le quai du RER, deux jeunes : « il l’a pas encore pecho ». Pas « encore ». Comme si c’était une finalité, un but, un objectif. Un peu comme « j’me la suis faite ». Une sorte de trophée de chasse.

    Ca me dégoûte d’être un Homme (avec un H). Je préfère être un Panda 😉

  2. Bon, je n’peux pas affirmer ça avec certitude, n’ayant jamais été bourré, mais à sa place, je ne sais même pas si j’aurais remarqué quoi que ce soit de ta tenue.

    Il est entré pour dormir, bah il dort. Normal, quoi.

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