Tous les articles par Biaise

Qui est le fou dangereux ?

« Comment lutter contre les fous si on ne sait pas comment les fous fonctionnent » Bande Annonce de Mind Hunting. Netflix 2017.

« Belgique: un quatrième meurtre pour le « bodybuilder fou » ?  » Le Nouveau Détective 31/07/2017

« Déclaré fou après son second meutre » Le Parisien 23/01/2012

On dirait que les fous vous font peur. Quels fous ? Les malades mentaux, tous ? Non, il y a des favoris : psychotiques et toxicomanes. Les dépressifs aussi parfois. Le diagnostique se publie avec la liste des chefs d’accusations et des morceaux choisis de la garde à vue. Diagnostique parfois express, en 48h, juste après l’arrestations. Parfois le verdict tombe après des années de procès. Chaque situation est unique.

Les malades mentaux qu’on ne va pas infantiliser à outrance sous prétexte de « retard du développement intellectuels », il leur faut une case. Et la case c’est « dangereux ».

Vous ne voudriez pas d’un⋅e baby sitter malade mental pour vos enfants. Si vous deviez embaucher quelqu’un vous ne voudriez pas d’une personne malade mentale. Cela je l’ai appris en travaillant avec l’Association Départementale d’Éducation à la Santé (ADES) du Rhône. Avant une intervention nous faisons passer des questionnaires à nos auditeurs. Et c’est un coup de poing à chaque fois. Voilà, je vais m’adresser à des gens qui me craignent ou me croient capable du pire. Au mieux, qui me considèrent totalement irresponsable.

Nous ne sommes pas tous enfermés et apparament cela pose problème.

Même quand on essaie de casser le mythe du fou dangereux, la psychophobie reste présente, comme dans cette vidéo du psylab https://www.youtube.com/watch?v=76NGwkOmdbE où on distingue clichés et réalités, mais en jetant les alcoliques sous le bus. Est il si difficile de comprendre que l’alcolisme est une maladie rendant dépendant à l’alcool mais qui n’implique pas forcément d’être violent à cause de l’alcool ? N’avez vous jamais rencontré une personne qui devient violente après avoir bu sans être dépendante de la boisson pour autant ? Et enfin pensez vous pouvoir reconnaître une personne alcolique au premier regard ? Non. Alors essayez de distinguer le cliché, votre perception, de la réalité. Vous ne remarquez les gens qui ont un problème d’alcool que quand ils sont violents ou agressifs. Les autres sont des « bons vivants », même si en réalité ils souffrent d’alcolisme, vous ne remarquerez rien. Alors vous croyez savoir que les alcoliques pètent les plombs alors que vous ignorez simplement la présence d’alcoliques autour de vous tant qu’ils ne vous bousculent pas dans votre confort personnel.

Et pour les autres ? Prenons les schizophrènes par exemple, dont la maladie est utilisé à outrance par les journalistes pour qualifier quelque chose d’incensé, ou expliquer un crime. Connaissez vous personnellement un ou une schizophrène ? Si non, combien de fois avez vous entendu parlez d’une personne schizophrène dans la presse de manière péjorative ? Voyez vous le problème d’équilibre que cela pose dans votre perception ? C’est parfois « bipolaire » à la place, mais avec le même mécanisme.

En parlant de bipolarité, je dois forcément mentionner le film Shutter Island avec Léonardo Dicaprio. Le film se déroule dans un hôpital psychiatrique carcéral. Un des personnages commet un double meurtre, sans motif. Puis un personnage explique que la meurtière était bipolaire. Et c’est le SEUL motif qui sera avancé pour son crime. Le tout dans un film qui pourtant donne une image humanisante des malades mentaux criminels qui sont au centre du film.

Nous pourrons éduquer et informer jusqu’à l’épuisement, mais tant que les médias majoritaires continueront ainsi, nos efforts seront des petits pas hésitants pour traverser la toundra.

Je vous donne une autre piste de réflexion. Fréquement arrivent ce que les journaux appellent des « drames conjugaux/familiaux », mais qui sont en fait des meurtres de femmes et d’enfants réalisés par un homme. Le mari, le père, tue un ou plusieurs membres de sa famille. Les motifs invoqués sont souvent la jalousie, les problèmes financiers, et la dépression. Mais à quel moment allons nous considérer la dépression comme un motif ? C’est un parti pris, mais il est avancé comme une évidence. On oublie que la dépression peut être déclenchée par le stress, et donc être le résultat des problèmes familiaux et financiers et non pas leur cause. On oublie tout ce qu’on sait pour pouvoir mieux stigmatiser. Et que dire de ces nombreux criminels déclarés dépressifs peu après leur crime ? Et bien on oublie l’état des prisons françaises qui plongerait n’importe qui dans une grande détresse psychologique. On oublie le taux de suicide en prison. Parce qu’inverser cause et conséquence fait vendre plus d’articles.

Tout ça pour quoi ? Tout ça pour occulter les réelles causes de meurtres et d’agression : la misogynie, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, l’appât du gain. Je trouve frappant l’exemple des meurtres conjugaux. Un fléau pour lequel on ommet de parler de profonds problèmes de sexisme dans notre société, pour à la place prétendre qu’il s’agit de dépression. J’attends encore le médecin qui indiquera la fusillade comme un symptôme.

Promenade urbaine

Pré-requis

Harcèlement de rue.

Anecdote

En 2008, je me suis installé⋅e à Lyon pour suivre des études et trouver du travail. J’ai déménagé pour un village tranquille en 2015. Depuis, j’ai repris une habitude que j’avais oublié apprécier: marcher la nuit.

Souffrant d’insomnies, me promener tranquillement la nuit autour de chez moi est une des meilleures manières de gérer l’excès d’énergie et l’anxiété. Quand je vivais chez mes parents cependant il était hors de question que je sorte au milieu de la nuit. Puis en arrivant en ville ce sont les hommes, simples passants, parfaits inconnus, qui m’ont privé⋅e peu à peu de cette activité.

Parfois je voulais marcher pour me détendre après une longue journée de travail et d’apprentissage, parfois aller acheter quelquechose à l’épicerie de nuit. Dans tous les cas, les citadins décidaient de mériter leur réputation et j’étais harcelé⋅e. J’ai commencé à m’estimer heureux⋅se quand ils ne me suivaient pas jusque chez moi, c’était une bonne soirée ! J’ai appris à distinguer dans mon quartier les grandes gueules des hommes vraiments dangereux et violents. Les premiers restent pesants et effrayants mais avec l’habitude on finit par arriver à passer outre. Et puis il y a les parfaits inconnus, quelle surprise réservent ils ?

[TW viol]

Certains étaient parfaitement conscient de ce qu’ils inspiraient. En commençant à me coller, ils sussuraient « tu as peur que je te viole hein » et se mettaient à accéléler, puis riaient de me voir essayer de les éviter. D’autre posaient carrément leurs mains sur moi pour me palper avant de commenter mon corps et l’état de leur érection.

[fin TW]

Quand on a juste l’intention d’acheter un paquet de biscuits, ou de faire un tour de pâté de maison, pourquoi devrions nous nous attendre à ce genre de choses et s’y préparer ? C’est tellement systématique qu’on finit par avoir moins peur, et c’est toujours là qu’un homme se montre plus insistant et plus violent que les autres. Comme pour nous rappeler que la terreur est bien là.

Quand ma dépression s’est agravée, mon agoraphobie a pris le dessus sur ma vie et j’ai évité toute sortie au maximum. Mais même les rares fois où je mettais le nez dehors, cela arrivait. Aucun répit, jamais. J’étais très malade, amaigri⋅e, fatigué⋅e, chaque pas me coûtait, en général je transportais des courses assez lourdes vu que je ne sortais pas en faire assez souvent. Mais il ne faut attendre aucun égards de ce genres d’hommes. Canon, bien habillée, du caca dans les yeux, fiévreux, ou la cheville cassée, toutes les configurations leurs conviennent. Car il ne s’agit pas de séduction, il s’agit de s’imposer.

Puis j’ai déménagé. Dans mon village, il n’y a pas vraiment d’activité de nuit. On dîne à la pizzeria puis à 22h30 tout le monde est parti ou rentré. Les jeunes motorisés partent s’amuser dans des villages ou petites villes plus festives, ou trainer au macdo local. Les autres restent chez eux et se font chier.

Le calme relatif de la campagne m’a permis de sortir beaucoup plus souvent et de reprendre le contrôle malgré mon agoraphobie. J’ai recommencé à me promener et traîner sans autre raison que faire de l’exercice ou regarder le paysage.

J’ai un chien. Pas le genre intimidant, plutôt le genre vieille pantoufle. J’ai des rates dont une a besoin de plus d’activité que la moyenne. Donc Toto en laisse et Montserrat sur l’épaule, protégée par ma capuche ou mon écharpe, je sors me promener à 23h, minuit, 3 h du mat même plus tard/tôt selon le degré d’insomnie…

J’ai mis un moment à comprendre ce qu’il se passait, pourquoi je sortais presque tous les soirs. Pourquoi c’était si différent.

Les hommes n’étaient pas là. Ils étaient parti ailleur, faire une tournée des bars ou zoner au fast food. Faire des roues arrières sur la départementale peut-être. En tout cas ils ne trouvaient pas très intéressant de zoner dans les ruelles résidentielles d’un village dénué de vie nocturne.

Honnêtement, on pourrait même laisser un enfant, une petite fille même une préado de 12 ans sortir jouer dehors à 22H.

Rappel s’il en faut: c’est une question de pouvoir, de partage de l’espace public.

Le harcèlement de rue limite nos vies et nos expériences, empêche nos rencontres, bloquent notre développement.

Pour moi ça a commencé à 13 ans, dès que je quittais mon quartier pour longer les zones commerciales plus peuplées. La ruralité n’empêche pas les hommes de trouver des territoires. Même les automobilistes et routiers participaient. Autant vous dire que la plupart des parents ne laissaient pas sortir leur fille.

Et leurs fils ? oh, ils pouvaient sortir, ce sont même eux qui posaient le problème. Ils n’auraient pas touché à leur propre sœur bien sûr, mais les autres ? Libre service.

On devrait abolir les mecs un jour, non ?

Cuicui ? Comment ça cuicui ?

Février 2016 à Caillou-Lès-Bain *

Je vis toujours dans la chouette maison de mon copain (et son frère mais il ne se pointe jamais ici). L’avantage numéro 1 est le grand jardin bien vert et déjà riche en arbres fruitiers. Je pensais que l’hiver endormirai tout cela, que je pourrais me la couler douce en attendant les premiers semis de printemps, mais en fait de neige, j’ai plutôt un champs de trèfle qui a remplacé la pelouse calcinée cet été et une espèce de plante rampante invasive à fleurs bleues s’installe au milieu. Ce n’est donc pas un février de jardinnage typique. Je dois quand même me méfier des vagues de froid régulières.

Entretien: les feuilles mortes ont formé un humus très épais devant la maison à cause du tilleul. J’en ai ramassé pour conclure le compost, ai ajouté un mélange à l’azote pour aider la nature et d’ici deux à trois mois il devrait être près. J’ai déjà commencé la deuxième couche sur le même tas à base d’ordures ménagères et de feuilles ramassées. Mon tas, je l’ai cerclé de grillage pour éviter qu’il ne se répande et m’aider à le tasser, justement. Planter brutalement des piquets me rendis particulièrement guilleret⋅te. Ma nature nain des montagnes je suppose.  Il faut tailler les arbres fruitiers, paraît-il, mais je crains de mal m’y prendre et de les abîmer.

Animaux: nous avons à présent des poules : 2 rousses pondeuses (Roudoudou et Georgette), une poule soie (Frida) et son compagnon coq soie (Diego). Frida a couvé durant tout le mois de janvier pour donner naissance à Glam Rock (poussin jaune, futur roux) et Punk Rock (photo) (poussin soie). Poules2 Poussin9Elle a abandonné le nid pour s’occuper des premiers nés et aucune poule n’a pris le relais, ce qui résulte en un grand gachis d’œufs. J’aimerais avoir une couveuse électrique dans ce genre de situations. Des poussins je ne garderai que les femelles, les mâles dans un petit poulaillier ne font que se battre et dérangent les poules. Un peu comme chez les humains. Nos chats sont censés être huit à présent, mais Pippin le chat noir manque à l’appel depuis 3 mois. À ce stade, nous craignons qu’il ai été écrasé. Vuk et Haricot, nos plus jeune, se sont enfin débarassés de leurs maladies infantiles, mais Haricot est rester très petite. Elle représente une source intéressante de chaleur à glisser sous son pull, très pratique ! Toto la chienne pète la forme, à 13 ans ce n’est pas donné à tous les chiens. Elle sort, court, saute, joue avec les chatons et les poules mécontentes plusieurs fois par jour. Mais dès qu’elle se couche, elle ronfle comme une vieille chaudière, et sachant que nous avons déjà une vieille chaudière par dessus le marché, il y a de quoi perturber les soirées paisibles.

Semis: Je tente le coup des semis « sous abri », en l’occurence ce sera dans la maison. Dans le salon trônent déjà des godets de piment de cayenne, qui seront rejoins à la prochaine pleine lune, le 22, par des tomates. Dehors, dans des bacs couverts d’une bâche de forçage, se trouvent les oignons rouges, aïls roses, poivrons doux, carottes, poireaux et choux cabus. Les cultures en godet seront placés en bac quand j’aurai sélectionné les plants prometteurs, puis seront planté en pleine terre au printemps. Sauf les radis qui sont plus tenaces et iront au potager dès que le bac de test m’aura permis de vérifier leur bonne tenue sous cette température. Pourquoi des bacs ? Pour déplacer et abriter en cas de retour du gel, avec ce climat incertain il vaut mieux. Quand je m’occuperai du premier essai de tomates, il sera aussi temps pour les patates.

Récoltes: en ce moment je ramasse quelques salades (Batavia et mâche) qui accompagnent des entrées chaudes pour les faire croustiller. Je ne touche pas aux herbes aromatiques, qui, encore jeunes, sont frêles cet hiver.

À part ça ?  Les prunus sont en fleur !fleurrosehiver

Ainsi qu’un machin à fleurs blanches derrière contre un mur, je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit. Je fais des efforts pour maintenir une riche biodiversité ici en variant cultures, fleurs, herbes, en favorisant la venue de papillons et abeilles, et ça donne des surprise !

 

 


 

*Ce n’est pas le vrai nom du patelin, qu’est ce que vous imaginez ?

crac prr crac crr

Mes projets de maisons de poupées au 1/12ème revenant sur le tapis, j’ai commencé à découper des idées dans des magasines de déco et des publicités. Meubles, installations, motifs, associations de couleurs, plantes, redéfinissent leurs angles sous mes coups de ciseaux. Le bruit craquant et ronronnant de l’outil mordant le papier agis comme un stim sur mes méridiens. Une soirée particulièrement détendue par rapport à celles des dernières semaines.