Archives pour la catégorie Fléaux sociaux

Qui est le fou dangereux ?

« Comment lutter contre les fous si on ne sait pas comment les fous fonctionnent » Bande Annonce de Mind Hunting. Netflix 2017.

« Belgique: un quatrième meurtre pour le « bodybuilder fou » ?  » Le Nouveau Détective 31/07/2017

« Déclaré fou après son second meutre » Le Parisien 23/01/2012

On dirait que les fous vous font peur. Quels fous ? Les malades mentaux, tous ? Non, il y a des favoris : psychotiques et toxicomanes. Les dépressifs aussi parfois. Le diagnostique se publie avec la liste des chefs d’accusations et des morceaux choisis de la garde à vue. Diagnostique parfois express, en 48h, juste après l’arrestations. Parfois le verdict tombe après des années de procès. Chaque situation est unique.

Les malades mentaux qu’on ne va pas infantiliser à outrance sous prétexte de « retard du développement intellectuels », il leur faut une case. Et la case c’est « dangereux ».

Vous ne voudriez pas d’un⋅e baby sitter malade mental pour vos enfants. Si vous deviez embaucher quelqu’un vous ne voudriez pas d’une personne malade mentale. Cela je l’ai appris en travaillant avec l’Association Départementale d’Éducation à la Santé (ADES) du Rhône. Avant une intervention nous faisons passer des questionnaires à nos auditeurs. Et c’est un coup de poing à chaque fois. Voilà, je vais m’adresser à des gens qui me craignent ou me croient capable du pire. Au mieux, qui me considèrent totalement irresponsable.

Nous ne sommes pas tous enfermés et apparament cela pose problème.

Même quand on essaie de casser le mythe du fou dangereux, la psychophobie reste présente, comme dans cette vidéo du psylab https://www.youtube.com/watch?v=76NGwkOmdbE où on distingue clichés et réalités, mais en jetant les alcoliques sous le bus. Est il si difficile de comprendre que l’alcolisme est une maladie rendant dépendant à l’alcool mais qui n’implique pas forcément d’être violent à cause de l’alcool ? N’avez vous jamais rencontré une personne qui devient violente après avoir bu sans être dépendante de la boisson pour autant ? Et enfin pensez vous pouvoir reconnaître une personne alcolique au premier regard ? Non. Alors essayez de distinguer le cliché, votre perception, de la réalité. Vous ne remarquez les gens qui ont un problème d’alcool que quand ils sont violents ou agressifs. Les autres sont des « bons vivants », même si en réalité ils souffrent d’alcolisme, vous ne remarquerez rien. Alors vous croyez savoir que les alcoliques pètent les plombs alors que vous ignorez simplement la présence d’alcoliques autour de vous tant qu’ils ne vous bousculent pas dans votre confort personnel.

Et pour les autres ? Prenons les schizophrènes par exemple, dont la maladie est utilisé à outrance par les journalistes pour qualifier quelque chose d’incensé, ou expliquer un crime. Connaissez vous personnellement un ou une schizophrène ? Si non, combien de fois avez vous entendu parlez d’une personne schizophrène dans la presse de manière péjorative ? Voyez vous le problème d’équilibre que cela pose dans votre perception ? C’est parfois « bipolaire » à la place, mais avec le même mécanisme.

En parlant de bipolarité, je dois forcément mentionner le film Shutter Island avec Léonardo Dicaprio. Le film se déroule dans un hôpital psychiatrique carcéral. Un des personnages commet un double meurtre, sans motif. Puis un personnage explique que la meurtière était bipolaire. Et c’est le SEUL motif qui sera avancé pour son crime. Le tout dans un film qui pourtant donne une image humanisante des malades mentaux criminels qui sont au centre du film.

Nous pourrons éduquer et informer jusqu’à l’épuisement, mais tant que les médias majoritaires continueront ainsi, nos efforts seront des petits pas hésitants pour traverser la toundra.

Je vous donne une autre piste de réflexion. Fréquement arrivent ce que les journaux appellent des « drames conjugaux/familiaux », mais qui sont en fait des meurtres de femmes et d’enfants réalisés par un homme. Le mari, le père, tue un ou plusieurs membres de sa famille. Les motifs invoqués sont souvent la jalousie, les problèmes financiers, et la dépression. Mais à quel moment allons nous considérer la dépression comme un motif ? C’est un parti pris, mais il est avancé comme une évidence. On oublie que la dépression peut être déclenchée par le stress, et donc être le résultat des problèmes familiaux et financiers et non pas leur cause. On oublie tout ce qu’on sait pour pouvoir mieux stigmatiser. Et que dire de ces nombreux criminels déclarés dépressifs peu après leur crime ? Et bien on oublie l’état des prisons françaises qui plongerait n’importe qui dans une grande détresse psychologique. On oublie le taux de suicide en prison. Parce qu’inverser cause et conséquence fait vendre plus d’articles.

Tout ça pour quoi ? Tout ça pour occulter les réelles causes de meurtres et d’agression : la misogynie, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, l’appât du gain. Je trouve frappant l’exemple des meurtres conjugaux. Un fléau pour lequel on ommet de parler de profonds problèmes de sexisme dans notre société, pour à la place prétendre qu’il s’agit de dépression. J’attends encore le médecin qui indiquera la fusillade comme un symptôme.

Promenade urbaine

Pré-requis

Harcèlement de rue.

Anecdote

En 2008, je me suis installé⋅e à Lyon pour suivre des études et trouver du travail. J’ai déménagé pour un village tranquille en 2015. Depuis, j’ai repris une habitude que j’avais oublié apprécier: marcher la nuit.

Souffrant d’insomnies, me promener tranquillement la nuit autour de chez moi est une des meilleures manières de gérer l’excès d’énergie et l’anxiété. Quand je vivais chez mes parents cependant il était hors de question que je sorte au milieu de la nuit. Puis en arrivant en ville ce sont les hommes, simples passants, parfaits inconnus, qui m’ont privé⋅e peu à peu de cette activité.

Parfois je voulais marcher pour me détendre après une longue journée de travail et d’apprentissage, parfois aller acheter quelquechose à l’épicerie de nuit. Dans tous les cas, les citadins décidaient de mériter leur réputation et j’étais harcelé⋅e. J’ai commencé à m’estimer heureux⋅se quand ils ne me suivaient pas jusque chez moi, c’était une bonne soirée ! J’ai appris à distinguer dans mon quartier les grandes gueules des hommes vraiments dangereux et violents. Les premiers restent pesants et effrayants mais avec l’habitude on finit par arriver à passer outre. Et puis il y a les parfaits inconnus, quelle surprise réservent ils ?

[TW viol]

Certains étaient parfaitement conscient de ce qu’ils inspiraient. En commençant à me coller, ils sussuraient « tu as peur que je te viole hein » et se mettaient à accéléler, puis riaient de me voir essayer de les éviter. D’autre posaient carrément leurs mains sur moi pour me palper avant de commenter mon corps et l’état de leur érection.

[fin TW]

Quand on a juste l’intention d’acheter un paquet de biscuits, ou de faire un tour de pâté de maison, pourquoi devrions nous nous attendre à ce genre de choses et s’y préparer ? C’est tellement systématique qu’on finit par avoir moins peur, et c’est toujours là qu’un homme se montre plus insistant et plus violent que les autres. Comme pour nous rappeler que la terreur est bien là.

Quand ma dépression s’est agravée, mon agoraphobie a pris le dessus sur ma vie et j’ai évité toute sortie au maximum. Mais même les rares fois où je mettais le nez dehors, cela arrivait. Aucun répit, jamais. J’étais très malade, amaigri⋅e, fatigué⋅e, chaque pas me coûtait, en général je transportais des courses assez lourdes vu que je ne sortais pas en faire assez souvent. Mais il ne faut attendre aucun égards de ce genres d’hommes. Canon, bien habillée, du caca dans les yeux, fiévreux, ou la cheville cassée, toutes les configurations leurs conviennent. Car il ne s’agit pas de séduction, il s’agit de s’imposer.

Puis j’ai déménagé. Dans mon village, il n’y a pas vraiment d’activité de nuit. On dîne à la pizzeria puis à 22h30 tout le monde est parti ou rentré. Les jeunes motorisés partent s’amuser dans des villages ou petites villes plus festives, ou trainer au macdo local. Les autres restent chez eux et se font chier.

Le calme relatif de la campagne m’a permis de sortir beaucoup plus souvent et de reprendre le contrôle malgré mon agoraphobie. J’ai recommencé à me promener et traîner sans autre raison que faire de l’exercice ou regarder le paysage.

J’ai un chien. Pas le genre intimidant, plutôt le genre vieille pantoufle. J’ai des rates dont une a besoin de plus d’activité que la moyenne. Donc Toto en laisse et Montserrat sur l’épaule, protégée par ma capuche ou mon écharpe, je sors me promener à 23h, minuit, 3 h du mat même plus tard/tôt selon le degré d’insomnie…

J’ai mis un moment à comprendre ce qu’il se passait, pourquoi je sortais presque tous les soirs. Pourquoi c’était si différent.

Les hommes n’étaient pas là. Ils étaient parti ailleur, faire une tournée des bars ou zoner au fast food. Faire des roues arrières sur la départementale peut-être. En tout cas ils ne trouvaient pas très intéressant de zoner dans les ruelles résidentielles d’un village dénué de vie nocturne.

Honnêtement, on pourrait même laisser un enfant, une petite fille même une préado de 12 ans sortir jouer dehors à 22H.

Rappel s’il en faut: c’est une question de pouvoir, de partage de l’espace public.

Le harcèlement de rue limite nos vies et nos expériences, empêche nos rencontres, bloquent notre développement.

Pour moi ça a commencé à 13 ans, dès que je quittais mon quartier pour longer les zones commerciales plus peuplées. La ruralité n’empêche pas les hommes de trouver des territoires. Même les automobilistes et routiers participaient. Autant vous dire que la plupart des parents ne laissaient pas sortir leur fille.

Et leurs fils ? oh, ils pouvaient sortir, ce sont même eux qui posaient le problème. Ils n’auraient pas touché à leur propre sœur bien sûr, mais les autres ? Libre service.

On devrait abolir les mecs un jour, non ?

Mais qu’est ce qu’on peut faire alors ? – Mois de novembre 2015

14 novembre 2015

image représentant des formes géométriques de différentes couleures, abstrait.

Suite aux attentats de cette nuit le gouvernement français a décidé d’enfoncer le clou en continuant sa politique guerrière; Les fachos organisés se sont empressés de diffuser de la propagande islamophobe; et les naïf⋅ves (au mieux) ont commencé à brandir et afficher les drapeaux bleublancrouge.

Cette nuit le peuple a eu une réaction exemplaire. Les personnes qui cherchaient refuge entre deux fusillades on été hébergées, internet a été utilisé pour mettre en relation les personnes proposant d’ouvrir leur porte et les proches des victimes. Sur les réseaux sociaux j’ai vu ressortir des articles expliquant comment gérer une crise d’angoisse, d’autres articles donnant et vérifiant des informations sur les événements, d’autres encore donnant des conseils de sécurité ou de santé.

Nous sommes le lendemain et notre travail commence. Non, nous ne ferons pas de guerre. Ce n’est pas cela notre travail. Ce gouvernement mène la guerre depuis des années, loin de nos yeux donc loin de nos cerveaux, et prétend être choqué par la tournure des événements alors qu’ils ont bien du le voir venir. Un pays ne peux pas éternellement en opprimer d’autres sans craindre un retour de bâton. Pourtant ce n’est pas le peuple qui aurait du être visé, et ce ne sont pas des membres du peuple qui auraient du commettre ces attentants. Eux et nous, c’est la même chose, de la chaire à canon, pas des décideurs, des gens qui sont envoyés devant pour se faire sauter ou tirer dessus. Nous sommes le peuple, et notre devoir populaire doit prendre les devants. Si les drapeaux me font râler c’est parce qu’ils entretiennent un sentiment patriotique créé pour asujettir les peuples et les pousser sur la ligne de front, c’était déjà ainsi au siècle dernier.

Alors quel est ce devoir dont je parle ? Celui de l’éducation populaire et du care. Celui que bien des gens fournissent déjà sans aucune rétribution: se soucier des gens, les rassurer, leur apporter refuge et subsistance, éduquer et informer.

Concrètement ?

  • Donner un nouvel élan à l’éducation populaire, enseigner l’histoire, pas celle de la France, celle des peuples, des sacrifiés, des prolétaires, des miséreux, des mères et des enfants, l’Histoire est toujours politique, prétendre l’objectivité c’est enseigné l’Histoire des dominants.
  • Dans ces mêmes mouvement prendre en main notre culture. Chacun peut enseigner à chacun. Nous avons tous des savoirs et des savoirs faire, nous savons fabriquer, organiser des idées, enseigner, écrire, lire, raconter, construire, à tous les âges, à divers niveaux.
  • Se former sur la gestion en situation de crise. Comment gérer une personne paralysée par le peur ? Une autre qui a une crise d’angoisse ? Comment administrer les premiers soins ? Qui dans le voisinage a un véhicule et peut nous conduire à l’hôpital ou en sûreté ? Qui peut stocker du matériel médical et de la nourriture ? Que ferait maman/mamie/le professeur Mac Gonagall et Mme Pomfresh ? Elles seraient en train de prévoir, anticiper, angoisser, peut-être s’en faire un peu trop ? En tout cas elles prendraient les choses en main pour nous protéger et protéger les personnes autour d’elles.

Hier, cette nuit, ce fut grand, le peuple a répondu là où l’État avait un train de retard ou était à côté de la plaque. Les médias ont entretenus la panique et manqué de pudeur envers les victimes au lieu de donner des informations utiles et vérifiées. Les ambulances n’ont pas pu suivre et les transports en commun ont fermé. Ce sont des taxis qui ont pris le relai, des gens derrière leur écran avec une connexion à internet, des gens avec un lit d’appoint et un repas à proposer. Continuons.

15 novembre 2015

image représentant des formes géométriques de différentes couleures, abstrait.L’armée française a bombarsé Rakka, en Syrie, avec des Rafales, en collaboration avec les USA, afin de détruire un poste de commandement et un camp d’entraînement de l’EI/Daesh/ISIS. Je ne peux trouver aucune informations sur les dégâts réalisés sur cette ville en dehors des deux cibles. Ce n’est pas la première fois qu’on nous parle de « frappes chirurgicales » pour découvrir sur le tard d’énormes pertes civiles. À ce train là les recrutements vont se faire avec une grande facilité de tous les côtés. Daesh avait déjà annoncé son souhait de faire pencher les musulmans occidentaux de leur côté et le gouvernement français fait tout pour que ça arrive, détruisant ce que Daesh qualifiait de zone grise. La France devrait protéger les musulmans qui sont à la fois cible des bombardements (Palestine, Irak, Syrie) et des recrutements. Mais notre gouvernement souhaite la guerre, l’islamophobie est donc volontaire.

16 novembre 2015

six-weavesilk.comImpossible de réaliser une manifestation d’envergure. Impossible de protester dans les rues contre cette guerre que perpétuent nos gouvernants. Les conséquences seront pour les peuples, ils ne prennent aucun risque sur eux.

Je propose que les pancartes que nous aurions voulu porter en public d’un bout à l’autre des villes et des villages, nous les installions à nos fenêtres où elles domineront la rue.

19 novembre 2015

fresque de la republica de la boca
Fresque à la Boca, Argentina.

État d’urgence déclaré.

État d’urgence prolongé à 3 mois.

Constitution modifiée.

Proposition soutenue par Manuel Valls d’ouvrir des camps de déradicalisation pour les suspects sur décision administrative et non pas judiciaire. L’État d’urgence permettant l’assignation à résidence mais pas l’ouverture de camps, ce sera présenté sous forme d’un amendement. L’amendement est voté.

Nouvelle proposition acceptée pour l’État d’urgence: les policiers volontaires pourront porter leur arme en dehors de leur service. Il y a de quoi craindre pour les gamin⋅es racisé⋅es, les musulman⋅es, et délits de sale gueule et mêmes les épouses des flics, quand on connaît la proportion de violences conjugales parmi eux.

Le plan vigipirate déclaré en 1995 devait être temporaire et est toujours en place vingt ans après. En modifiant la consitution comme cela a déjà été fait il est aussi possible de prolonger à l’envie l’État d’urgence. Le mot urgence sera aussi vidé de son sens que le mot « crise », vous savez, la crise qui est en fait un système durant depuis des décennies ?

Les manifestations peuvent être interdites sans justification, par « sécurité » depuis le début de l’État d’urgence. Les rues ne sont plus nôtres et les flics gagnent de nouveaux pouvoirs. La lutte sera interne et solidaire. La lutte ne peux exclure personne car c’est d’une réelle solidarité dont nous avons besoin à présent, pour prévoir, militer mais surtout agir sur le moment pour toutes les personnes déjà en danger.

Les centres de recrutement de l’armée de terre sont bondés… on sait qui ils visent.

Logement et paupérisation – partie 1

J’ai prévu d’écrire un long article sur les différentes attaques au droit au logement qui ont été réalisées sous la Vème république. Mais cela me demandera, vu le peu de temps libre dont je dispose, beaucoup de temps, et je tiens à commencer à écrire dès que possible sur une situation urgente.

Voici les recherches à réaliser pour avoir le contexte de l’article : rapport, cours des comptes, APL, CAF, prime pour l’emploi.

Résumé : le nouveau projet de paupérisation du gouvernement PS *rires enregistrés* est de supprimer le droit à l’APL (allocation logement) pour une large partie de la population. Bien entendu ce n’est pas formulé ainsi. Il s’agit de la fusionner avec d’autres prestations comme la prime pour l’emploi ou le rsa ou l’AAH. La faire disparaitre finalement car cette fusion n’implique pas une addition des allocations. Par exemple ça va considérer que comme tu as déjà un rsa pourquoi aurais tu besoin d’une APL vu que tu croûle sous l’argent ?

La prime pour l’emploi est distribuée par le Trésor Public à partir des déclarations de revenu. Elle dépend du nombre d’heures travaillées, ni moins ni plus. C’est un système de plafond de plus dont on connaît déjà les travers. Mais surtout cela signifie que les personnes sans emploi n’auront aucune chance de toucher une APL. Plus encore, les personnes qui ont travaillé mais n’ont pas atteint le plafond d’heures, et celles qui ont travaillé et dépassé ce même plafond. Résultat, il n’y aura aucune logique, pas même au « mérite », dans l’attribution de cette prime et l’ouverture au droit à l’APL.

La réthorique gouvernementale concernant le chômage est qu’il suffit de faire des efforts pour obtenir un emploi, que nous sommes paresseux et ne rêvons que de vivre sans travailler aux frais de l’État. Cela ignore que nous ne travaillons pas tous, et ne travaillons pas tous autant, pour diverses raisons, comme la santé, la situation familiale, le manque de formation, etc.

Les principaux⋅ales exclu⋅es seront:

  • les mères isolées, dont les obstacles à l’emploi sont l’absence de solution fiable de garde des enfants avant et après l’école (crèches dépassées, nounous trop coûteuses, écoles qui finit + tôt, garderie payante), le sexisme institutionnel, le manque de formation pro accessibles et la difficulté de se loger elle même. Couper l’APL agravera la situation et pourrait mettre des familles littéralement à la rue. Cela signifie entre autres que les mères en relation abusives risquent de se retrouver coincées avec leur agresseur faute de moyens.
  • Les handicapé⋅es et malades chroniques. Pas assez d’heures travaillées = pas d’APL. Tous⋅tes ne touchent pas l’Allocation Adulte Handicapé et même avec ce n’est pas suffisant pour se loger et vivre. D’autant plus que la plupart essaient de se loger dans des villes pour des raisons d’accessibilités et que les loyers y sont encore plus élevés.
  • Les étudiant⋅es qui ne se salarisent pas et les étudiants salariés qui n’auront pas bien visé le plafond d’heures travaillées, les étudiants salariés en première année qui n’auront pas d’heures à présenter pour l’année précédente.. Les étudiant⋅es salariés ne sont déjà pas considérés, mais on n’a pas oublié de les emmener dans ce pétrin.
  • Les chômeur⋅ses longues durée et les bénéficiaires du RSA. Ces derniers voient déjà leur droit à APL attaqué par la fusion du RSA avec l’APL.
  • Les retraité⋅s.

En résumé : rendre les pauvres + pauvres encore. Et pire que cela : les priver de logements. Même avec une APL réunir suffisament de garanties pour satisfaire un propriétaire bailleur, c’est à dire un exploiteur, est d’une grande difficulté. Les personnes les plus isolées, les plus fragiles, les personnes sans emploi, ont besoin de chance pour se loger, tomber sur quelqu’un qui accepte un arrangement ou avoir un solide garant. Sans APL l’exploiteur perdent une des garanties de pérennité de versement de son loyer et vont donc préférer une personne qui a un emploi et donc une APL. Lles APL servent à enrichir les propriétaires, pour rappel, pas les locataires, les propriétaires n’hésitent pas à vous dire qu’il y a les APL quand vous regrettez un loyer trop. Les pauvres vont donc être privés de logement par le gouvernement. Cela signifie que le gouvernement essaie une fois de plus d’assassiner les pauvres.

En attendant de trouver des tripes de banquier pour pendre des ministres, il va donc falloir s’organiser pour s’assurer qu’aucune expulsion de fera suite à cette mesure si elle passe (elle passera). Et pour empêcher les expulsions il faudra être en nombre car comme un village isérois nous l’a récemment prouvé même vos voisins réac’ sont près à se mobiliser en milice pour vous expulser de votre logement.

Les divisions auxquelles nous pouvons nous attendre :

  • les personnes dépassant le quota d’heures pour toucher l’APL vont se plaindre de travailler + que les autres et gagner moins, nous connaissons déjà cette réthorique. N’oubliez pas que c’est le gouvernement qui vous vole, pas les personnes encore plus pauvres que vous.
  • Les réfugiés, demandeurs d’asiles et clandestins bien qu’ayant un accès au logement des plus précaires subissent les effets d’une propagande faciste qui essaie de nous faire croir qu’ils ont tout, qu’on leur donne tout, que leur situation est confortable. Le but est d’éveiller la jalousie chez les autres qui ont du mal à se loger en utilisant la préférence nationale. Pointer du doigt les étranger est la plus ancienne méthode de division pour détourner l’attention du peuple de ses dirigeants corrompus.

J’ai tâché de faire cours donc s’il vous plaît, lisez et partagez. J’essaierai de compléter cet article plus tard.

Le gouvernement veut tuer les pauvres à petit feu, en laissant faire la misère, la faim et le froid, alors ne nous montons pas le chou contre des chimères. Ne nous attaquons qu’aux puissant. Et ne nous sentons pas coupables de squatter, de ne pas verser son loyer, de contourner une expulsion. Ce sont les bonnes choses à faire, ce n’est que stratégie de survie.

Je cherche des plateformes médiatiques efficaces pour diffuser ce message. Une amie est capable d’écrire longuement sur ce sujet, détails et analyses à l’appui. Informez moi, faites passer.

Pauvre représentation 2

J’ai commencé à parler de la représentation dans les médias des classes populaires, des prolétaires, du lumpenprolétariat, dans un premier article. J’ai souligné la faible représentation des pauvres ainsi que leur représentation éronnée balayant tout problème politique et les soucis de survie.

Aujourd’hui je vais me pencher sur deux autres clichés du cinéma et de la télévision, mais aussi de la littérature.

Pauvre petit enfant riche triste et seul

J’aurais du mal à choisir un exemple en particulier, c’est omniprésent: dans des cartoons, des feuilletons, des films, des romans… Certaines célébrité vont aussi reprendre ce cliché pour se plaindre en nous étalant leurs privilèges. Alors que le sujet de l’enfant pauvre est soit romantisé, soit éludé, soit ignoré, les malheureux enfants riches reviennent très souvent. Le principe est que cet enfant, ado, ou jeune adulte immature (et qui peut se permettre de l’être vu qu’il n’a pas à se soucier de son train de vie), est très riche, peut obtenir tout ce qu’il désire, voyager où il veut, mener les études de son choix, se consacrer à sa vocation artistique, à sa passion, mais est en réalité malheureux car ses parents ne sont jamais là. La mère, soit on la tue, soit on en fait une pimbêche tout le temps prise par les soirées mondaines, ou alors, depuis peu, une travailleuse carriériste et sans piité. Le père, ce sera toujours son travail qui le retient ailleur. Quand il n’est pas au bureau c’est en voyage d’affaire et s’il est présent alors ce sera pendu au téléphone. Impossible de lui parler ou de prévoir quoique ce soit en sa compagnie. Donc enfant riche malheureux aimerait avoir une famille, une vraie, et non pas « juste » une nounou/gouvernante/majordome. Après le développement du problème, l’enfant riche va trouver un enfant pauvre auquel expliquer qu’il a bien de la chance d’être pauvre puisque sa famille est présente autour de lui, aimante, souriante, vivante. Ça fait penser à un bourgeois naïf rêvant d’une vie de bohême…

Mais comment se fait il que la famille de l’enfant pauvre soit si présente ? À cause du néfaste cliché selon lequel quand on est pauvre, c’est par manque de labeur. Les parents pauvres ne travailleraient pas ou très peu et pourraient alors passer du temps chez eux en famille. Quiconque ouvre les yeux sur la société qui l’entoure sans se poser des œillères conservatrices saura que ce sont des balivernes. D’autant plus avec des enfants, les salariés pauvres sont légions, les chômeur⋅ses longue durée passent la journée à courir d’une administration à l’autre, chercher du travail, et assurer des missions d’intérim ingrates. Les prolétaires rentrent chez eux érintés, avec la tête qui bourdonne à cause du bruit de l’usine/du chantier/de la circulation/du super marché/de la gare et n’ont presque plus d’énergie à consacrer à leur famille. Quant aux enfant, ils doivent jouer silencieusement, calmement, pour ne pas fatiguer et énerver leurs parents. Ce tableau là est déjà bien plus proche de la réalité. Pourtant c’est systématiquement l’inverse qui est dépeint.

Tenez, prenez Orange Is The New Black, saison 3 (no spoiler), quand Piper se plaint de sa vie, de son enfance, alors qu’elle a grandit dans un manoir avec une gouvernante à son service. Elle essaye, et dans chaque saison d’ailleur, de nous faire avaler qu’elle a subit une enfance malheureuse sous prétexte que sa mère est égoïste et son père infidèle. Les autres personnages n’en peuvent plus de la complainte de Piper ! D’un autre côté, Nicky a vécu une expérience similaire, sauf que sa mère était complètement absente, sauf quand il s’agissait de lui faire la leçon sur la drogue des années après. Sa mère vivait carrément dans une maison différente et Nicky fut élevée par sa nounou. Mais elle ne sert pas la soupe de l’enfant riche malheureuse dans son château, probablement pour cela qu’elle a des amies, elle…

Autre exemple, sur un autre angle. Vous voyez les séries Arnold et Willie et Punky Brewster ? Ce serait bien de voir des feuilletons avec des enfants pauvres comme elleux non ? Ah oui, mais alors dans ces séries ils leur ont collé des parents riches. Là du coup il s’agit de parents ou tuteurs aimant et attentionnés, présents. Mais il s’agit d’enfants pauvres et orphelins sauvés de la misère. Il semblerait que dépeindre les péripéties d’une famille pauvre soit trop demander. Shameless US ? C’est une blague ? Les parents sont absents car négligents, les ont abandonnés, pas à cause de leurs difficultés. La famille pauvre, encore plus mal représentée que les pauvres solos…

Le problème est de taille en réalité, le message passé par ces clichés :

– présente la pauvreté comme un moindre mal dans la vie, donc pas un véritable mal à combattre;

– prétend qu’un pauvre pourrait choisir de devenir riche simplement en travaillant plus;

– met en avant des problèmes de riches qui ont pourtant toutes les ressources nécessaires à leur portée pour assurer le bon traitement de leurs enfants et gérer leur emploi du temps

– clame que dans la vie soit on a une famille soit on a un « vrai » travail, ça ne vous rappelle pas quelque chose?

Servitude anti-darwin

Les serviteurs, servants, domestiques, employés, majordomes, qui se sacrifient… Les esclaves qui se sacrifient… pour leur maître ! Attention hein, c’est primordial : pas pour leur famille ou leurs collègues, pour leur maître.

Avant le passage du sacrifice, les scénaristes auront pris soin d’amener une scène où læ domestique expliquera être en réalité très heureux⋅se, que faire la poussière en gros c’est sa passion, qu’iel ne sait rien faire d’autre de toute façon, qu’iel maîtrise les bonnes manières ce qui serait une sorte de reconnaissance en soit, et que leur maître les « traite bien » et/ou les a sorti de la misère, de la pauvreté extrême. Maîtres tellement neuneus qu’il leur faut une personne payée, qui va interrompre ses tâches plus importante, pour lui passer son manteau ou apporter son courrier. J’imagine que ces gens là ne tirent pas la chasse.

Pour la suite prenons un évènement : attaque, cambriolage, agression, explosion, catastrophe naturelle. Il est primordial de nous faire pleurer un peu devant notre écran et de nous effrayer. Le protagoniste, qui est naturellement la personne riche, va t il mourir dans d’atroces souffrances ? Non ! Serviteur⋅se Lambda se jette alors à sa place et meurt après avoir eu pour derniers mots ses préoccupations pour la santé et l’aisance de son maître. Je ne sais pas si beaucoup de chiens vont aussi loin en réalité.

Tenez, hier, je me suis infligé⋅e le troisième épidose de Jonathan Strange et Mister Norrell. Eh bien un serviteur (que je ne citerai pas parce que spoiler) meurt après avoir évité à son maître de se prendre un boulet de canon dans la courge. Et ses derniers mots ? Des excuses car il n’a pas pu sauver les précieuses possessions de son maître.

Vraiment ?

Essairaient ils de nous faire croire qu’esclaves et classes populaires ont la servitude dans le sang, savent que leur vie vaut moins, au point d’instinctivement se suicider pour les classes supérieures ?

Ce serait machiavélique un message pareil dans les médias de masse n’est-ce-pas ?