La F.A.Q. du féminisme

Après cet article, mes camarades du forum ubuntu-fr se sont dit que ce serait chouette de faire plein de réponses simples de ce genre à des questions basiques qu’on entend souvent dans les conversations et débats sur le féminisme. Il y a vraiment des remarques qui reviennent à chaque fois et certaines sont vraiment très agaçantes, d’autant plus que son auteur est persuadé d’avoir trouvé une super faille.

Ainsi est née la F.A.Q. du sexisme accessible aux débutants ! :D Merci aux nombreuses auteures, crédits à la fin de l’article. Merci aussi aux personnes qui n’ont pas signé. Si vous avez participé et n’êtes pas mentionné, signalez le en commentaire ! :)

Ce document peut évoluer ! Faites vos suggestions, notamment pour les rubriques « en savoir plus », donnez nous vos lectures d’articles, de livres, sur le sujet, mêmes vos propres articles.

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Sommaire

« Le » féminisme

Le sexisme

autres F.A.Q.

Y en a que ça ne dérange pas

Y a que les féministes qui râlent

C’est déjà bien ici

C’est pire ailleurs

Y a pas plus important ?

Les méchantes féministes veulent le pouvoir !

Les féministes sont sexistes, et les hommes alors ?

Vous n’aimez pas les hommes / vous êtes des mal baisées

Moi je ne suis pas sexiste d’abord

Y a quand même des différences biologiques objectives

Mais, et la reproduction !

Je pense qu’Homme et Femme sont complémentaires, t’es contente ?

Je préfère le terme « anti-sexisme »

Je ne suis pas féministe, masi égalitariste/humaniste

Je n’aime pas les mots en « -isme »

Et les hommes battus, les violés, vous faites quoi pour eux ?

Votre agressivité dessert votre cause !

Vous êtes paranoïaques

Vous êtes contre la différence

Vous n’avez pas d’humour

Vous n’êtes pas obliger de vous maquiller/épiler/etc.

Vous parlez au nom de toutes les femmes sans demander leur avis

Vous défendez les droits de la femme… bourgeoise !

Vous défendez des luttes ridicules comme le « mademoiselle »

«LE Féminisme»

Pour des raisons évidentes de simplicité, il est courant d’employer le terme féminisme au singulier (nous l’employons d’ailleurs parfois dans cette FAQ). Mais il faut savoir qu’il n’existe pas un féminisme c’est-à-dire un ensemble de points de vue et de luttes qui serait partagé par tou-te-s les féministes mais des féminismes. De multiples mouvements féministes existent et peuvent diverger sur les causes de l’oppression des femmes et sur les moyens à mettre en oeuvre pour les combattre. Dire « je n’aime pas le féminisme » ou « le féminisme considère que » n’a donc pas réellement de sens si on ne précise pas à quel courant/idée/lutte spécifique on se réfère.

D’ailleurs certaines personnes disent ne se reconnaître dans aucun groupe féministe. Mais pas besoin de se reconnaître dans un groupe féministe pour dire qu’on l’est. Des tas de féministes affirment l’être sans adhérer à aucun groupe. Certain-e-s vont et viennent dans plusieurs organismes, d’autres y sont pendant un temps puis s’en vont, etc. Pour être féministe, il ne faut qu’une seule chose : être pour l’égalité homme / femme.

Pour aller plus loin :

Encore Féministe ! : http://encorefeministes.free.fr/index.php3

Présentation du féminisme par Feminist Frequency : http://www.feministfrequency.com/

Qu’est-ce que le sexisme ?

D’après le dictionnaire, c’est une « attitude de discrimination basée sur le sexe (féminin la plupart du temps) ».

Pour être plus précis, le sexisme, c’est la théorie selon laquelle on serait plus apte à faire certaines activités selon son sexe et que hommes et femmes sont essentiellement inégaux parce qu’ayant des attribus génitaux différents.

C’est ainsi qu’on prétend que l’homme est naturellement plus fort, plus apte à gouverner, à être à la tête d’un groupe, plus responsable, plus intelligent et plus créatif, quand la femme, elle, serait plus futile, maternelle, soigneuse, discrète, coquette, vénale et sentimentale.

À partir de ces soi-disantes pré-dispositions, on part donc du principe que les hommes doivent avoir un certain comportement et les femmes un autre. Ainsi, on apprend aux enfants à agir d’une manière normée. Ce qui donne effectivement l’impression que les comportements genrés sont naturels et génétiques alors qu’ils sont socialement acquis. Ce que les féministes essaient donc de démontrer, c’est que le comportement genré est quelque chose qu’on apprend et non pas quelque chose d’intrinsèque à notre sexe. Ainsi ils espèrent permettre à tout le monde de vivre librement sans se soucier de savoir si il/elle doit savoir s’occuper des nourrissons ou savoir bricoler.

Pour aller plus loin :

http://cnrtl.fr/definition/sexisme

Quelques autres FAQ au sujet du féminisme

Madmoizelle : http://www.madmoizelle.com/15-mauvaises-raisons-de-ne-pas-etre-feministe-50632

Les Chiennes de Garde (voir la FAQ) : http://www.chiennesdegarde.com/

Top 10 des clichés au sujet du féminisme : http://www.jesuisfeministe.com/?p=3452

Féminisme, les idées reçues : http://www.crepegeorgette.com/2012/06/25/feminisme-les-idees-recues-2/#more-5781

«Oui mais regarde, y a plein de femmes que ça ne dérange pas»

Tout comme beaucoup de femmes s’opposaient au droit de vote des femmes, les noir-e-s n’étaient pas tou-te-s opposé-e-s à la ségrégation. La domination passe aussi par là : convaincre le/la dominé-e qu’il/elle a le seul traitement possible, qu’il/elle est incapable de vivre autrement. Se conforter dans les clichés. Par exemple Marthe Borely a été très active contre le droit de vote de la femme (1). Elle a d’ailleurs été récompensée pour ça. Des gens qui luttent contre leur propres droits, ça existera toujours. C’est une question d’éducation.

Mais il faut savoir que le sexisme propose de piètres compensations aux femmes qui acceptent de rentrer dans le rang : si elles se conforment aux injonctions sexistes, elles peuvent espérer « trouver un mari » et être à peu près respectées. Se revendiquer féministe c’est prendre le risque d’être mise au ban de la société. Bref, lutter pour l’égalité, c’est risquer de perdre sa place dans une société sexiste, parce qu’on cherche à construire un monde plus égalitaire à long terme. Donc ça demande un certain courage.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) http://genrehistoire.revues.org/1294?&id=1294

Femmes misogynes ? http://www.yaronet.com/posts.php?s=40395

«Ça ne dérange que les féministes»

Évidemment puisque les féministes sont les personnes qui se renseignent sur le sexisme et qui comprennent ses rouages. À partir du moment où on ne sait pas comment fonctionne un système de domination, on ne risque pas de le trouver gênant (ou du moins on n’associera pas ce qui nous gêne à l’oppression qui créé cette dite gêne). Jusqu’à il y a peu, on trouvait, par exemple, tout à fait normal que le mariage ne soit autorisé qu’aux hétérosexuel-le-s. On a grandi dans un univers sexiste, on croit que c’est normal puisqu’on y est habitué-e-s. Il faut faire un gros effort sur soi-même pour ne plus être sexiste et voir les progrès qu’il y a encore à faire.

En fait, la question doit se poser à l’envers : qui ça arrange, une société sexiste ? Est-ce qu’on accepte une telle discrimination, si oui pourquoi ?
Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«On a déjà fait de gros progrès en France/en Europe»

C’est justement parce qu’on n’a pas baissé les bras que les progrès ont été faits. Faire des progrès, ce n’est pas pour autant être arrivé au terme de l’égalité. Pour le moment, on a à peine ébranlé le patriarcat. En fait, les progrès qu’on a fait portent sur les droits théoriques des femmes : droit de vote, absence de discriminations dans la loi et les contrats… Ce combat est à peu près terminé. Mais, dans les faits, des discriminations et des violences sexistes subsistent toujours. Ce n’est pas parce que la loi est paritaire que le monde / la France l’est. Ce sont maintenant les mentalités qu’il faut changer. Et c’est beaucoup plus compliqué que de faire changer des lois, malheureusement.

Par exemple, en France, les femmes sont encore très fortement victimes de violence masculine (1). De la même manière, beaucoup d’hommes pensent que parce qu’ils participent aux tâches ménagères dans leur foyer, les choses ont changées et que l’égalité est là. Mais, d’abord, il faut voir les chiffres au delà de son cas personnel (2), ensuite on peut douter de la pertinence de l’auto-analyse de ces pratiques : un observateur extérieur pourrait voir des choses non perçues par l’individu. Et puis, il ne faut pas oublier que les chiffres cachent certaines pratiques (pour un temps équivalent sur une tâche donnée, une femme peut avoir une double activité : elle cuisine et surveille les enfants) (3).

>Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) http://antisexisme.wordpress.com/2013/02/17/les-cultures-enclines-au-viol/

(1) http://www.ined.fr/fr/publications/pop_soc/bdd/publication/138/

(2) http://www.inegalites.fr/spip.php?rubrique114&id_groupe=15

(3) Voir « 1. au niveau de la conceptualisation » : http://1libertaire.free.fr/NCMatthieu01.html

http://journalennoiretblanc.blogspot.fr/p/statistiques.html

Le machisme au cinéma : http://www.lecinemaestpolitique.fr/

«D’autres pays/ certaines religions sont beaucoup plus sexistes

On est mieux placé-e-s pour changer les choses chez nous, dans notre entourage, notre espace de travail, qu’à l’autre bout du monde. Il faut commencer par balayer devant sa porte avant de donner des leçons.

Les discriminations auxquelles on est habitué-e-s choquent beaucoup moins que celles provenant d’autres cultures. Qui plus est, on est très mal placés pour aller donner des leçons de liberté dans d’autres pays : ce n’est pas à nous de le faire. Sinon, on risque de tomber dans une logique « d’aide » colonialiste. Le féminisme est d’ailleurs parfois instrumentalité afin de cacher un discours raciste ou néo-colonial visant à stigmatiser des populations perçues comme « étrangères ».

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Comprendre l’instrumentalisation du féminisme : http://www.contretemps.eu/interventions/comprendre-instrumentalisation-f%C3%A9minisme-fins-racistes-r%C3%A9sister

http://collectiffeministe.wordpress.com/2012/12/04/nous-feministes-contre-linstrumentalisation-du-feminisme-a-des-fins-de-racisme-anti-musulmans/

«Il n’y a pas plus important ? Et les petits enfants qui meurent de faim en Afrique…!«Il y a pire ailleurs, tu devrais être contente»

Hiérarchiser les problèmes est extrêmement dangereux : c’est essayer d’établir des degrés de souffrance et déterminer lesquels méritent le plus d’attention. Ça revient presque à faire de l’élitisme dans la souffrance. Beurk. Toute personne qui souffre à cause d’une injustice est un problème et on doit répondre à tous ces problèmes en même temps. Heureusement, on peut, d’une part, s’occuper de plusieurs causes humanitaires à la fois et d’autres part, il y a beaucoup de gens qui souhaitent agir et donc, les « tâches » se répartissent naturellement en fonction des affinités de chacun. Quelle que soit la cause pour laquelle une personne agit, il faut se dire que c’est déjà bien qu’elle agisse, en fait. Car beaucoup trop de gens ne font rien du tout, et se contentent simplement de pester contre le monde qui ne va pas quand ils ont un trop plein de ressentiments. Si tout le monde agissait, les choses iraient beaucoup plus vite. Malheureusement beaucoup trop de gens choisissent de se positionner en donneur de leçon en disant qui agit, selon elle/lui, correctement et qui ne fait pas bien les choses. Mais c’est facile de critiquer quand on ne fait rien. Si vraiment vous pensez savoir ce qu’il y a de mieux à faire, pourquoi ne le faites-vous pas vous-même au lieu de dire aux autres ce qu’ils devraient faire ?

Quant au « il y a pire ailleurs », ça ne justifie rien. Est-ce que parce qu’il y a des gens qui ont le cancer vous n’aller pas vous faire soigner de la grippe ? C’est absurde comme raisonnement. Dans ce cas, autant ne rien faire pour personne. Parce qu’on pourra toujours trouver pire ailleurs, justement.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«Les féministes veulent instaurer une matriarchie / vous voulez prendre le pouvoir !»

Pfoulala, non ! Avec tout le mal qu’on a à acquérir simplement l’égalité, on ne va pas essayer d’inverser les rôles, en plus ! Ça demanderait beaucoup trop de travail. On a déjà assez à faire en revendiquant juste la parité. Plus sérieusement, jamais les femmes féministes n’ont demandé plus de pouvoir que les hommes. Mais le fait qu’elles osent demander les mêmes dérange déjà assez pour que certains hommes se sentent menacés, eux et leurs privilèges. Parce que oui, nous les féministes, nous demandons à ce que les femmes aient les mêmes possibilités que les hommes. Ça implique que ces derniers seront moins présents aux postes à responsabilités, notamment. Ce qui est inconcevable pour certains d’entre eux.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«Les féministes sont sexistes aussi / et les hommes dans tout ça ? / et le masculinisme ? »

On essaye de faire croire que les féministes sont sexistes. Ça va un peu de pair avec le délire du « les féministes veulent prendre le pouvoir ! » (il y aurait donc un pouvoir à prendre ? Ahem, ahem). Ce n’est pas le cas. Les féministes luttent contre le patriarcat, pas contre les hommes. D’ailleurs, beaucoup de leurs combats visent à rendre des droits aux hommes, comme par exemple le fameux congé paternité (qui doit permettre aux hommes de pouvoir s’occuper de leur enfant autant que sa conjointe) (1). Les féministes luttent aussi contre les injonctions stupides au virilisme qui poussent les hommes à adopter des comportements absurdes (comme se faire rallonger le pénis pour certains, par exemple) et qui encouragent la haine à l’égard des homosexuels hommes et des transgenres qui ne sont pas « virils » d’après les standards sociétaux. Parler de misandrie (ce dont on taxe souvent les féministes donc) est aussi absurde que de parler de racisme anti-blanc ou d’hétérophobie : on mélange comportement individuels (dont les féministes ne nient pas la possible existence) et une structure sociale (le patriarcat).

Le masculinisme, par contre, est un mouvement qui vise à protéger le patriarcat. Autrement dit à préserver le pouvoir des hommes et la culture du genre (2). On pourrait placer, de part leur racine éthymologique, masculinisme et féminisme sur un terrain égal (masculin et féminin au même niveau, n’est-ce pas ce que demandent les féministes ?), mais malheureusement, des mots égaux ne font pas des revendications égales : quand les féministes revendiquent l’égalité, les masculinistes ne sont rien d’autre qu’un groupe réactionnaire. Ils veulent faire croire qu’ils luttent contre le sexisme qui frappe les hommes (ce qui est assez habile, il faut le reconnaitre) comme si hommes et femmes étaient égaux devant le sexisme, mais ne souhaitent, en réalité que protéger les privilèges masculins. Par exemple, les masculinistes luttent contre le divorce et souhaitent voir passer un projet de loi qui autoriserait un couple à divorcer uniquement si les deux parties sont d’accord (3). Ce qui mettrait en danger énormément de femmes battues, par exemple (et les hommes battus aussi d’ailleurs, même s’ils sont moins nombreux -mais les masculinistes semblent s’en soucier tout aussi peu-).

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) http://clementineautain.fr/2010/02/24/pour-un-feminisme-social/

(2) http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/18/l-escalade-des-peres-a-nantes-cache-une-proposition-de-loi_1834399_3232.html

(3) http://www.sos-papa.net/pages/actualite/actualite037.htm

«Vous les féministes vous n’aimes pas les hommes de toute façon / vous êtes des mal-baisées»

Bouh, le vilain cliché.

Bon, d’abord, il n’y a pas que des femmes chez les féministes, faut arrêter avec ce délire, il y a des tas d’hommes féministes qui soutiennent le mouvement (et d’ailleurs, heureusement qu’ils sont là). Ensuite, il y a de tout parmi les féministes : des hétéros en couple, des homosexuelles pas en couple, des bisexuelles en couple à plusieurs, des trans, etc. Et quelle que soit notre orientation et notre activité sexuelle, en fait, on s’en fout : ça n’a rien à voir avec nos revendications. Nous insulter sur notre sexualité, c’est juste un moyen débile et misogyne de nous discréditer.

Quand à prétendre que nous n’aimons pas les hommes, c’est parfaitement faux. Ce qui est vrai en revanche, c’est que nous n’aimons pas la misogynie (qu’elle vienne d’hommes ou de femmes, d’ailleurs), et que nous nous renfrognons facilement face à un comportement stupidement viriliste et macho. Mais comprenez-nous bien : ce ne sont pas les hommes que nous n’aimons pas, ce sont leurs attitudes potentielles à répondre aux injonctions à la virilité. Si un homme ne tente pas de nous faire de pathétique démonstration de force et n’essaye de renvoyer des femmes à leur prétendue place, nous sommes disposé-e-s à créer des liens avec lui. Des tas de féministes femmes ont des hommes dans leur vie. La célèbre Simone de Beauvoir était en couple avec Sartre et ça ne l’a pas empêchée d’écrire « Le Deuxième Sexe« .

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«Moi de toute façon je ne suis pas sexiste»

Voilà une chose facile à affirmer. Mais comment en être sûr ? Les féministes sont les premiers à avouer qu’ils ne sont pas exempts de ce qu’on appelle le sexisme ordinaire (1). Et comment faire autrement ? Nous avons grandi dans une société sexiste ! Ses codes sont prodondément ancrés dans nos mœurs. Tout le monde est sexiste : c’est normal. Il faut faire beaucoup d’efforts pour comprendre comment fonctionne le patriarcat et la culture du genre (2). Ce n’est pas une faute que d’être sexiste, ni même une tare. Tout le monde est parti avec ce bagage. Ce qu’il faut, c’est s’interroger, se renseigner, remettre en cause toute une éducation. Et ça prend du temps. C’est ce qu’essayent de faire les féministes : de pousser les gens à remettre en cause tout ça. Et c’est très compliqué, malheureusement.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) Qu’est-ce que le sexisme ordinaire ? http://www.egalite2012.fr/publication/sexisme-etat-des-lieux

(2) Culture du Genre : http://cafaitgenre.org/genre/

«Y a quand même des différences biologiques objectives»

Et comme tu viens de le dire, elles sont biologiques. Pas comportementales ni culturelles. L’argument des différences biologiques a déjà motivé le racisme pour finalement réaliser qu’il y a parfois plus de différences génétiques entre deux blancs ou deux noirs qu’entre un noir et un blanc. Et bien c’est pareil pour les hommes et les femmes (1). En dehors de notre sexe, nous sommes les mêmes. C’est à notre société de voir quelle importance elle accorde aux différences.

Les différences biologiques ne sont pas suffisament importantes dans la société pour que les gens n’aient pas les mêmes droits. Nous sommes différentes en tant qu’être vivant, nous avons tous-tes le droit aux mêmes chances, droits, à la même justice. Refusez ça, dire qu’on est tous inégaux et que donc, cela justifie une inégalité de traitement, c’est employer la Science pour justifier l’intolérance comme, avant, on utilisait la religion. Mais beaucoup trop de gens oublient que la science n’est pas infaillible. Qui plus est, beaucoup de choses soi-disant scientifiques, ne sont que des affirmations sans fondement énoncées par des gens trop peu renseignés sur le sujet. Christine Delphy (entre autres) à expliqué que ce n’est pas le sexe qui crée le genre, mais bien l’inverse; c’est à dire que le choix de poser la différence sexuelle comme pertinent est un choix culturel.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) Voir les livres de Catherine Vidal : « Hommes, femmes avons-vous le même cerveau ?« , « Le cerveau évolue-t-il au cours de la vie ?« , « Les filles ont-elles un cerveau fait pour les maths ? » etc.

Voir le livre de Thomas Laqueur : « La Fabrique du Sexe« .

« >Voir les livres d’Elsa Dorlin : « Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe« , « Reproduire le Genre« , « Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination« , etc.

Référence pour « les femmes sont moins fortes que les hommes » : http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/04/les-femmes-sont-elles-moins-fortes-que-les-hommes-.html

Et sur l’intersexualité : Livre de Julien Picquart : « Ni homme ni femme et cet article »: http://biaise.net/blog/2011/04/25/quelques-mots-sur-lintersexuation-is/

Sur l’intersexualité et la construction des catégories « homme / femme » : Anne Fausto-Sterling, Corps en tous genres. La dualité des sexes à l’épreuve de la science

«Oui, mais les hommes ont un pénis et de la testostérone et les femmes des seins et des œstrogènes, et puis les femmes portent les enfants, c’est la nature.»

Données essentialistes (théorie selon laquelle l’essence précède l’existence) (1) qui ne justifient pas à nouveau une inégalité de traitement. J’ai des cheveux bouclés et mon voisin des cheveux raides, est-ce que ça justifierait que je sois moins bien traité que lui ? Certaines femmes n’agissent pas « comme des femmes » dans notre société (elles ne s’épilent pas, ne se maquillent pas, ne sont pas discrètes, maternelles etc), est-ce qu’on doit pour autant les stigmatiser ? Pourtant, elles ont bel et bien des nichons et un vagin. Si les œstrogènes impliquaient nécessairement qu’une femme doive, pour sa survie en tant que femme, s’épiler, se maquiller et s’arracher les poils, ça ferait longtemps que toutes les femmes le feraient. Or, elles ne le font pas toutes. On peut donc en conclure sans avoir besoin d’être une lumière que ces comportements sont appris. Les féministes ne luttent pas contre les lois de la nature. Simplement contre les clichés de genre. D’autant que ces clichés oublient systématiquement les personnes intersexuées, les transgenres, les travestits, etc. Ces personnes n’ont pas le droit d’être traitées avec respect elles aussi ? Doit on les « oublier » et les prier de se cacher parce qu’il/elles n’entrent pas des les cases « homme » ou « femme » ?

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) Voir page 4 du dossier de Osez le Féminisme ! : http://www.osezlefeminisme.fr/journal/numero-18

Voir le livre d’Anaïs Bohuon : « Les tests de féminité dans les compétitions sportives : une histoire classée X« .

Au sujet de ce livre (ci-dessus) : http://yagg.com/2012/07/30/anais-bohuon-avec-les-tests-de-feminite-les-instances-sportives-sont-confrontees-a-linanite-du-projet-de-definir-une-vraie-femme/

«Moi je crois que l’homme et la femme sont égaux mais complémentaires.»

En général on parle de « complémentarité » pour « expliquer » le rôle social des femmes et ainsi justifier que les rôles assignés aux hommes et aux femmes ne soient pas équivalents : aux hommes les domaines valorisés et glorieux – politique, art, etc -, aux femmes les tâches ingrates et invisibilisées. Qui plus est prétendre que l’homme et la femme sont complémentaires, c’est ouvrir la porte à l’homophobie : il manquerait nécessairement quelque chose à deux hommes en couple ou à deux femmes. Ce qui n’est pas vrai : ce qui crée la complémentarité dans un couple, c’est la différence de deux êtres et ce, indépendament de leur sexe. De la même manière, croire à cette prétendue complémentarité, c’est véhiculer l’idée que quand on est célibataire on est forcément incomplet. C’est absurde. Des tas de personnes vivent célibataires et s’en accomodent très bien. Et que dire des trans ? Ils ne pourraient jamais trouver un être fait pour eux ? Ils s’auto-complémentent ?

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Le vrai mec, la vraie fille, deux abrutis bien trouvés : http://lesquestionscomposent.fr/vraimecvraiefille/

>«Je préfère le terme Anti-Sexisme»

Anti-sexisme et féminisme sont synonymes. Mais on continue d’utiliser le mot féminisme (malgré sa mauvaise connotation) pour trois raisons :

- D’abord, ce mouvement a déjà remporté de beaux combats (avortement, divorce, droit de vote des femmes etc), nous sommes donc fières/fiers de nous ranger sous cette bannière.

- Le sexisme même s’il enferme les deux sexes dans des clichés désagréables, est malgré tout un système oppressif qui défavorise d’abord les femmes.

- « Féministe » est un mot mal connoté à cause de la réputation que le patriarcat a encouragé au sujet de ce mouvement. Changer de nom ne servira à rien car tant que nos actions dérangeront, nous seront mal vus. Alors autant montrer que nous sommes fiers de ce que nous revendiquons en conservant notre bannière.
Sources, articles et documents pour aller plus loin :

« Avocate irrespectueuse » & « Avortement, une loi en procès » de Gisèle Halimi.

«Moi je suis pas féministe, je suis égalitariste/humaniste.»

Impossible d’être égalitariste ou humaniste sans être féministe. Ces deux concepts réunissent toutes les idéologies égalitaires. Donc forcément, dedans il y a le féminisme. Beaucoup de féministes sont humanistes et luttent également pour l’égalité homo/hétéro, noirs/blancs etc. Les gens rechignent à se dire féministes à cause de l’étiquette peu reluisante qui lui a été accolée. Pourtant, il suffit de se renseigner un peu pour comprendre leur combat et pour se rendre compte que les féministes ne sont pas d’horribles castratrices revanchardes mais des femmes et des hommes qui luttent pour l’égalité des sexes.
Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Moi j’aime pas les mots en « -isme ».

Aha, mauvaise excuse. Ou alors est-ce que ça veut dire que tu n’aimes pas l’altruisme ? L’alpinisme ? Le cubisme ?

En fait, les mots en -isme désignent des courants de pensée philosophiques ou politiques, mais pas que. En tout cas, il me semble que c’est cet aspect des choses qui pose problème à ceux qui veulent être perçus comme étant neutres (ne possédant aucun engagement politique). Ce que ces gens ont sans doute du mal à percevoir, c’est qu’il est impossible de n’avoir aucune opinion politique. Même en étant rataché à aucun mouvement, on agit politiquement parlant. Par exemple, le fait de ne rien faire, de ne pas voter ou de ne pas manifester, c’est montrer (même à son insu) par sa non-action qu’on considère que tout va pour le mieux et qu’il n’y a rien à changer. Et là même il existe un « mot » en -isme pour désigner cette non-acivité : le je-m’en-foutisme.

Plus sérieusement, tout ce qui est en -isme n’est pas forcément péjoratif. Ça permet de désigner une simple qualité ou une fonction. Il faut essayer de voir au-delà du mot et s’intéresser au concept en lui-même : l’égalité.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

La mauvaise image des féministes encouragés par les médias : http://www.feministfrequency.com/2011/09/tropes-vs-women-6-the-straw-feminist/

«Il y a aussi des hommes battus et des hommes violés et vous ne faites rien pour eux»

Et bien il se trouve que si, en fait. Les féministes agissent aussi contre le viol et les violences faites aux hommes. Ne serait-ce qu’en luttant contre la culture sexiste qui empêche les hommes de signaler ces violences et s’en plaindre (au risque de passer pour des mauviettes). Le féminisme lutte aussi contre l’image de « brutes insensibles » associée à la masculinité, et par là aide les hommes victimes de violences à demander justice et potentiellement à l’obtenir.

Ceci dit, il y a bien plus de femmes victimes de violences, que d’hommes (1). Cet différence est à mettre sur le compte du sexisme. Enfin, les auteurs de violences (sur des hommes ou des femmes) sont très très majoritairement des hommes. Là encore, c’est la définition de la masculinité en tant que « propension à la violence » qui pose problème. Cf le champ lexical tombeur, Dom Juan vs chaudasse, pute pour les hommes/femmes qui couchent avec plusieurs partenaires. Le féminisme n’est pas la lutte contre les hommes mais la lutte contre le patriarcat. Le patriarcat créé des clichés qui gênent les femmes mais des qui gênent les hommes : il faut être viril, il faut pas pleurer, un homme ne se fait pas violer (car il est toujours content d’ajouter un « trophée » à son tableau de chasse), un homme doit ramener l’argent pour toute la famille, etc.

Pour finir, il faut noter que les hommes violés ou battus ne sont jamais posés en coupable alors qu’ils sont des victimes. On ne dira jamais au sujet d’un hommes qu’il a mérité un viol parce qu’il se baladait torse nu, par exemple. Pas plus qu’on ne soupçonnera un homme d’avoir maltraité « mentalement » sa femme pour expliqué qu’il ai été battu.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/
Les joies du masculinisme :
http://www.ladominationmasculine.net/themes/42-masculinisme.html

« Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux » http://www.rue89.com/2013/01/24/sur-rmc-nafissatou-diallo-ou-le-conte-de-fee-dune-mochete-238944

« Je ne porte pas plainte, voilà pourquoi» http://www.rue89.com/2011/06/02/jai-ete-violee-mais-je-ne-porte-pas-plainte-voila-pourquoi-207403

Le viol masculin : http://www.crepegeorgette.com/2012/05/09/une-bonne-blague-le-viol-masculin/

«Vous êtes vachement agressives quand même, ça ne sert pas votre cause»

«Vous êtes vachement agressives et agressifs» tu veux dire ? Chez les féministes, il y a aussi des hommes. L’agressivité ressentie est beaucoup plus importante que l’agressivité réelle, en fait, les gens se sentent agressés parce qu’ils vivent notre dénonciation du sexisme comme une insulte. Alors que ce n’en est pas une : tout le monde est sexiste. Comme ça a été dit plus haut, c’est normal, nous avons tou-te-s grandi dans une société sexiste. Les féministes invitent à réfléchir sur le sexisme et à lutter contre lui. Ils/elles n’accusent personne, sinon ceux/celles qui refusent de remettre en question l’éducation patriarcale. D’ailleurs, l’emploi de tels qualificatifs est une façon de délégitimiser le combat en le dépolitisant : c’est très clairement ce à quoi on assiste avec l’emploi du terme d’hystérique par exemple. Dans tous les cas il s’agit d’attribuer un trait psychologique au/à la militant·e, ce qui invaliderait d’office son propos. Et c’est partir du principe que tous les militants sont les mêmes. Ce qui n’est pas le cas.

Quant à dire que nous désservons notre cause, c’est un peu facile. De toute façon, de part nos revendications, nous sommes mal perçu-e-s. Certain-e-s féministes sont qualifié-e-s d’hystériques, juste parce qu’ils dénoncent les abus sexistes des médias (comme les Chiennes de Garde, par exemple). Ce n’est pas notre façon de servir notre cause qui pose problème : c’est la manière dont c’est ressenti. Et toute la difficulté est là : il nous faut trouver un juste milieu, mais c’est très compliqué. On ne peut pas se contenter de demander l’égalité gentiment quand en face des patriarches nous répondent avec paternalisme. Parfois, la colère permet de faire bouger les choses. Si on s’était contenté-e-s de demander gentiment le droit à l’avortement, par exemple, pas sûr qu’on l’aurait aujourd’hui.

Bref, plutôt que de nous dire que nous sommes trop agressif-ve-s, pourquoi ne pas essayer de voir au-delà de notre colère ? Ce qui est important, au fond, c’est le message. Peu importe comment il est véhiculé. Ou alors vous tombez en accord avec le premier politicard qui s’exprime bien ? Est-ce que sous prétexte que vous vous êtes sentis agressé par des féministes, vous allez continuer d’être sexiste -punissant ainsi injustement toutes les autres femmes- ?

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Les Chiennes de Garde et l’agressivité : http://www.chiennesdegarde.com/faq.html#Q1

«Les féministes sont paranoïaques»

Tout d’abord, comme pour l’agressivité, tenter de faire passer les féministes pour des parano est une autre tentative de délégitimer leur combat. Mais en fait, les féministes ont l’air paranoïaques parce qu’elles-ils dénoncent simplement des choses qui ont l’air normales tant on y est habitué. Le meilleur exemple c’est la langue française : elle est extrêmement machiste. Par exemple, tout le monde trouve normal que le masculin l’emporte toujours sur le féminin dans les questions d’accord. Mais d’où vient cette règle ? C’est Scipion Dupleix qui l’a établie en écrivant que « parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut tout seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif« . Pourtant, aujourd’hui, tout le monde trouve cette règle normale. Les féministes s’interrogent sur l’histoire des choses, comment elles en sont arrivées là. Ils-elles cherchent des réponses dans la sociologie, la philosophie, la science et l’histoire, remettant en cause tout ce qu’ils croient savoir. C’est grâce à toutes ces remises en questions qu’elles-ils comprennent les rouages du système oprresif qu’est le patriarcat et c’est comme ça qu’elles-ils en viennent à dénoncer des choses qui peuvent sembler futiles, dérisoires ou pire, nécessaires. Plutôt que de taxer un-e féministe de paranoïaque quand elle-il dénonce quelque chose, pourquoi ne pas lui demander exactement pourquoi est-ce qu’elle-il dénonce cette chose ?

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«Les féministes veulent neutraliser toutes différences entres les individus, rendre la société homogène sans respecter les particularités de chacun.»

C’est exactement l’inverse : détruire les stéréotypes sexistes c’est permettre à chaque personne de vivre comme elle le souhaite sans se voir imposer un modèle. Les féministes ne souhaitent pas interdire aux femmes d’être « féminines » ou aux hommes d’être « virils », mais permettre à chacun-e de se construire en choisissant son comportement et ses valeurs parmi tous les modèles possibles sans que certaines attitudes soient valorisées par rapport à d’autres.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«Vous les féministes, vous n’avez pas d’humour.»

Oh, les féministes ont beaucoup plus d’humour que ce que les gens pensent. Simplement, ils sont contre l’humour oppressif. Notamment parce qu’ils savent que même sous forme d’humour, le sexisme reste du sexisme (que le racisme reste du racisme, l’homophobie reste de l’homophobie etc). En fait, entre eux, les féministes rient beaucoup, surtout du machisme. Parce qu’illes savent que l’humour est une arme puissante qui pointe du doigt les absurdités sociétales. En fait, les féministes réfléchissent l’humour. Et ça, il y a beaucoup de gens à qui ça ne plaît pas.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Les féministes aussi rigolent : http://egalitariste.tumblr.com/

Meme Disney est féministe sur l’humour http://feministdisney.tumblr.com/post/13464162133/feminist-disney-image-collection

Meme Disney féministes http://feministdisney.tumblr.com/post/28566664798

L’humour est une chose trop sérieuse… http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2012/08/lhumour-est-une-chose-trop-serieuse.html

…Pour être laissée à des rigolos. http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2012/08/pour-etre-laissee-des-rigolos.html

Oh, ça va… C’est pour rire ! http://www.jesuisfeministe.com/?p=6426

«Les femmes ne sont pas obligées de se maquiller, s’épiler, etc., elles le font uniquement par plaisir.»

Si elles le font uniquement par plaisir, pourquoi est-ce que la plupart des femmes n’osent même pas sortir de chez elles sans se passer un coup de rasoir sous les bras ? Ce n’est pas parce que c’est pas dit dans la loi « femme tu t’épileras » que ce n’est pas une contrainte. Comme pour les hommes qui s’efforcent tous de ne pas pleurer à cause de l’éducation boys-don’t-cry, les femmes tentent d’être lisses et parfaites parce qu’on leur a appris que c’est ce qu’on attend d’elles. La société a des codes. Quand on les respecte pas, on s’y intègre moins bien. Et c’est désagréable de se sentir moins bien intégré-e dans la société. Le but des féministes c’est de permettre aux femmes et aux hommes de choisir leur look indépendemment de ces injonctions sociétales. Si des femmes ou des hommes se préfèrent glabres, pourquoi pas ? Mais il ne faut pas que ça ne devienne la norme en faisant passer ceux qui ne s’y collent pas pour des marginaux.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Souffrir pour être belle : http://lesquestionscomposent.fr/souffrir-pour-etre-belle/

« Je le fais pour moi-même : http://lesquestionscomposent.fr/je-le-fais-pour-moi-meme/

Injonctions à la beauté : http://lesquestionscomposent.fr/injonctionspoilau/

Concernant l’injonction à s’épiler : http://pgriffet.voila.net/

«Vous parlez au nom de toutes les femmes sans leur demander leur avis !»

Non, en fait, c’est le patriarcat qui parle au nom des femmes sans leur demander leur avis. Les féministes, eux, luttent justement pour que toute femme puisse vivre comme elle l’entend sans se voir obligée de respecter toutes sortes de normes pour être acceptée. Les féministes partent du principe qu’une femmes est libre quoiqu’elle fasse, du moment qu’elle l’a choisi. En bref, les féministes luttent pour avoir des droits. Or, avoir un droit ne veut pas dire que toutes les femmes seront obligées d’y avoir recours. Le droit à l’avortement n’a pas obligé toutes les femmes à avorter. Simplement celles qui ne veulent pas avoir d’enfants ne sont pas obligées d’en avoir même si elles tombent enceintes. Les féministes acceptent toutes les situations que peut choisir une femme, qu’elle choisisse de devenir femme d’affaire ou les mère au foyer. D’une manière générale, en bref, ils luttent contre les contraintes abusives imposées par le patriarcat. Pour plus de liberté, somme toute. À noter en plus que le principe du « parle seulement en ton nom » empêche toute action. Si on va au bout de l’idée, on ne peut jamais rien décider qui dépasse son individualité. C’est là-dessus que se basent les dirigeants « diviser pour mieux régner ». Il faut lutter contre ça.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

«Le féminisme défend les droits de la femme… bourgeoise !»

C’est de l’insulte gratuite ça. C’est facile de traiter les gens de bobo. Ça revient très souvent dans les débats de manière intempestive. C’est encore une tentative d’invalider les propos des féministes. Mais bon, d’une part, en admettant qu’on soit tous des bourgeois, je vois pas en quoi ça invalide nos revendications. Et d’autre part, les féministes luttent quand-même contre la précarité de la femme dans le travail (1) (puisque les femmes sont davantages victimes du chômage que les hommes et qu’elles sont beaucoup plus souvent à temps partiel et autres joyeuseté), contre le harcèlement sexuel etc (2). Ce ne sont pas des revendications bourgeoises. Ou alors, toute lutte contre la précarité est bourgeoise. Bref, « insulte » qui sous-entend que nous pouvons nous occuper des droits de la femme parce que nous sommes « bien lottis », comme si le droit des femmes était secondaire. Cette insulte en elle-même démontre le machisme de la personne qui la profère.

De toute façon, que les féministes luttent pour les droits des femmes ne veut pas dire qu’elles-ils ne luttent pas contre les inégalités sociales (notamment de classe) également. Les systèmes oppressifs fonctionnent souvent ensemble, alors pour lutter contre eux, les causes se recoupent aussi. On appelle ça l’intersectionnalité (3). C’est ce qui fait que les féministes luttent aussi pour les droits des LGBT (Lesbiennes Gay Bi & Trans) ou pour les droits des immigrés.

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

(1) http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?rubrique7

(1) http://www.egalite2012.fr/thematiques/precarite

(2) http://www.francesoir.fr/actualite/societe/harcelement-sexuel-plainte-des-feministes-furieuses-220809.html

(2) Lutte contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur : http://www.clasches.fr/

(2) Documentaire « Sexe, Mensonge et Harcèlement » : http://www.youtube.com/watch?v=axyyL38YMEM

(3) http://cafaitgenre.org/2013/02/22/anti-homophobie-et-anti-racisme-la-question-de-lintersectionnalite/

«Le féminisme s’attache à des luttes peu importantes, comme la suppression du terme « mademoiselle » »»

Alors, premièrement, il ne faut pas confondre des luttes qui occupent de l’espace médiatique à l’ensemble des luttes féministes réellement menées. Lutter contre la distinction entre les termes « madame » et « mademoiselle » n’empêche pas par ailleurs d’établir la critique de problèmes a priori plus fondamentaux (telles les violences conjuguales, les inégalités de salaire, etc.) et de réaliser un travail de terrain, par exemple en venant en aide aux femmes violées. Deuxièmement, les luttes qualifiées par certain·e·s d’inutiles s’intègrent en fait dans l’idée que le symbolique ? au premier rang duquel on peut placer le langage ? construisent notre monde social autant que les faits. Ainsi, lutter contre la distinction « madame / mademoiselle » sur des formulaires administratifs est une démarche visant à modifier les catégories à travers lesquelles nous voyons le monde social, afin d’en proposer une vision plus égalitaire. Troisièmement, et enfin, on ne peut que s’étonner de la véhémence avec laquelles certain·e·s critiquent de telles luttes : si la distinction entre « madame » et « mademoiselle » est un problème à ce point anecdotique, pourquoi tant d’effort et de violence à pointer du doigt celles et ceux qui mènent cette lutte ?

Sources, articles et documents pour aller plus loin :

Féminisme, la case en trop : http://www.osezlefeminisme.fr/article/lancement-de-la-campagne-mademoiselle-la-case-en-trop

Madame ou madame ? http://www.madameoumadame.fr/

Illes ont participés à la rédaction de cette FAQ sur le féminisme.

FAQ co-écrite le 23/02/13 par…

- Biaise (http://biaise.net/blog/ ) : 22 ans, technicienne informatique, libriste, libertine, libertaire.

- Grünt () :

- AntiSexisme (http://antisexisme.wordpress.com/ ) :

- Elzen (http://fadrienn.irlnc.org/ ) :

- Omniia : 23 ans, féministe végétarienne, étudiante en Psychologie Sociale

- Myroie (http://egalitariste.net/ ) : Féministe végétarienne de 23 ans, surnommée Dame Moustache sur twitter. Illustratrice.

- Marie-Lou ( http://www.scoop.it/t/genre-et-feminisme ) : doctorant en sociologie (j’bosse pas directement sur les questions de genre, mais ça m’intéresse beaucoup), 30 ans.

40 Responses to La F.A.Q. du féminisme

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  2. Julien says:

    C’est des conneries tout ça. On vous cache la vérité:

    «Oui mais regarde, y a plein de femmes que ça ne dérange pas»
    >C’est des connes.

    «On a déjà fait de gros progrès en France/en Europe»
    «D’autres pays/ certaines religions sont beaucoup plus sexistes»
    >Et alors ?

    «Vous les féministes vous n’aimez pas les hommes de toute façon / vous êtes des mal-baisées»
    >C’est ta gueule qu’on aime pas.

    «Moi de toute façon je ne suis pas sexiste»
    >C’est bien ! Donnez lui un susucre !

    «Vous êtes vachement agressives quand même, ça ne sert pas votre cause»
    >L’agressivité, c’est notre nature. Les hormones…

    «Vous les féministes, vous n’avez pas d’humour.»
    >Ce sont tes blagues qui sont à chier.

    [...]

  3. Myroie says:

    Julien, ta FAQ personnelle m’a beaucoup fait rire. xD Mais je la trouve un peu pas très pédagogique quand-même. :D

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  7. Gengis says:

    Évitez de mentionner uneheuredepeine à tout bout de champ, c’est quand même un mec qui veut interdire les couvertures de magazine qui ne lui plaisent pas sous prétexte qu’elle est… publique…

    Quand la police de la bonne pensée devient une forme censure…

    • Biaise says:

      Je n’éviterai pas de citer Denis Colombi qui est un excellent sociologue.

      Pour votre lien, il manque le contexte : il ne veut pas interdire la couverture, il l’a critiquée… et comme l’interlocuteur n’assumais pas il a dit que dans ce cas, il ne fallait pas faire cette couverture.

      Lisez plutôt les articles de son blog (en entier).

  8. Kersijus says:

    « C’est ainsi qu’on prétend que l’homme est naturellement plus fort… »
    Heu… à moins que j’interprète mal ce qui est écrit, l’homme EST naturellement plus fort : http://en.wikipedia.org/wiki/Sexual_dimorphism

    • Biaise says:

      Qu’entendez-vous par « fort » ?

      • Kersijus says:

        J’entends plus fort physiquement. En moyenne les hommes peuvent générer de 30% à 70% plus d’énergie qu’une femme en fonction des muscles impliqués. C’est pour cela que dans les sports de compétition les 2 sexes sont séparés. Ça n’a rien d’anormal et se voit dans toutes les espèces. D’ailleurs cette différence est l’une des moins marquées comparé aux autres espèces animales. Et vous, qu’entendiez-vous par « fort » ?

        • Biaise says:

          Actuellement nous pouvons constater des moyennes variant selon le sexe pour la force physique et certaines performances sportives. J’ai envie de dire… Oui et ? Et donc, quelles discriminations pouvons nous baser sur ces moyennes ? Il y a des femmes très fortes qui vont êtres discriminées parce que notre société sexiste nous amène à penser qu’un homme sera forcément plus fort. Mais aussi des hommes qui vont êtres moqués et mis à l’écart car considérés comme « faible » et donc pas assez viril. Pourquoi autant d’importance est elle accordée à cette différence ?

          Vous pourrez aussi, avec une simple recherche, trouver quelques lectures sur la construction sociale de certaines différences physiques : par l’alimentation, les injonctions des média et des proches, les activités quotidiennes, etc.

        • Kersijus says:

          Je suis d’accord, personne ne devrait être discriminé pour sa force physique (excepté dans le cadre des performances sportives). Comme je l’ai dit précédemment, l’Homme est l’espèce ou ces différences sont les moins marquées. Cela se voit également concernant le poids. En moyenne les hommes sont plus lourds mais 10% des hommes sont plus légers que la moyenne des femmes. Néanmoins le fait d’écrire que les hommes et les femmes seraient naturellement aussi fortes est tout de même faux. Même les papiers féministes sur la question montrent qu’il y a tout de même des différences. De plus la science n’est pas au service d’une idéologie. Je n’accorde d’ailleurs pas spécialement d’importance à cette différence : votre article lui en accorde une. Sinon vous n’auriez pas écrit cela.

        • Biaise says:

          Reprenons la citation de l’article que vous discutiez dans son intégralité : «C’est ainsi qu’on prétend que l’homme est naturellement plus fort, plus apte à gouverner, à être à la tête d’un groupe, plus responsable, plus intelligent et plus créatif, quand la femme, elle, serait plus futile, maternelle, soigneuse, discrète, coquette, vénale et sentimentale.»

          Comme vous le voyez, cela critique les clichés sur « l’homme ». Notez l’usage du singulier. Usage qui souvent précède l’énumération d’un tas d’idioties, tout comme les phrases commençant par «La femme est…».
          C’est de la que vient la blague féministe « Lafâme ». Lafâme et Lhôme étant ces entités étranges, homogènes, unifiées, cumulant tous les clichés possibles.
          Dire que « l’homme est naturellement plus fort » est aussi faux que de dire « la femme est naturellement plus gentille ». Y a des tendances, mais la généralisation, c’est du sexisme.

        • Kersijus says:

          Je suis presque en tout point d’accord avec vous. Sur le fond oui c’est tout à fait vrai, il y a des femmes plus fortes que des hommes et il n’y a pas de quoi en fouetter un chat. Néanmoins je trouve la formulation critiquable tant elle peut porter à confusion. Vous semblez dire que les hommes et les femmes sont strictement aussi forts et que le patriarcat voudrait faire croire que les hommes sont plus forts. Si vous aviez écrit « C’est ainsi que l’on prétend que l’homme est naturellement plus grand » ou « plus lourd » j’aurais trouvé ça tout aussi faux.

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  16. Jeepy says:

    «Les féministes veulent neutraliser toutes différences entres les individus, rendre la société homogène sans respecter les particularités de chacun.»

    C’est exactement l’inverse : détruire les stéréotypes sexistes c’est permettre à chaque personne de vivre comme elle le souhaite sans se voir imposer un modèle. Les féministes ne souhaitent pas interdire aux femmes d’être « féminines » ou aux hommes d’être « virils », mais permettre à chacun-e de se construire en choisissant son comportement et ses valeurs parmi tous les modèles possibles sans que certaines attitudes soient valorisées par rapport à d’autres.

    —————————————————
    Bonjour, je suis venu sur votre site depuis le site internet Ubuntu-fr, je fait aussi parti du collectif malgré tout :http://malgretout.collectifs.net/:
    j’ai lu votre FAQ et je m’interroge sur ce passage:

    Cette histoire de choisir son comportement et ses valeurs parmi tous les modèles possibles ? Ça fait un peu hypermarché non ? Je me promène dans le magasin de l’identité et je choisi mes valeurs et mes comportements ? Mais qui fonctionne comme ça ? Et qui est cet être humain détaché de tout environnement et de toute histoire ?

    On est toujours conditionné, par le passé, par des modèles présents, par des trucs biologiques, par des trucs culturels. Il faut arriver à faire changer les choses par des luttes, par des nouvelles formes de désir ou l’on trouve plus désirable une femme libéré qu’une femme soumise. Bref par des pratiques multiples et parfois contradictoires qui mettent en échec concrétement la tendance uniformatrice d’une norme imposé et crée une nouvelle réalité. Il faut partir des contraintes pour transfomer la société par des expérimentations, et c’est là tout le pouvoir du mouvement féministe justement !

    On a fait voler des avions malgré l’apesanteur, c’est en connaissant les contraintes qu’on arrive à les dépasser et non en espérant un monde débarrassé des contraintes.
    Bon vous voyez l’idée sur l’apesanteur.. effectivement pour le sexisme il est possible d’alléger les contraintes mais il est impossible de faire en sorte qu’il n’y ai plus d’homme, le patriarca est lié au fait qu’il y est des hommes et donc il faut faire malgré le fait qu’il y est des hommes. Et ce malgré s’appelle lutte des femmes.

    D’autre part, vous dites que dans un monde débarrassé du sexisme, des hommes choisiraient d’être viril ? Moi qui croyait qu’être viril ou être féminine était des
    stéréotypes ? Et on pourrait les choisir ? Tout ça part d’un monde abstrait que l’on pourrait appeler « monde idéal », que les chrétiens appelaient paradis et les communistes le paradis sur terre, cf les paroles de l’internationale: C’est la lutte finale etc
    Mais vous et moi habitons dans le monde réel et dans ce monde là, les luttes seront toujours nécéssaire, pour nous mais aussi pour nos enfants. Ce que nous obtenons au mieux ce sont des acquis certes très important, mais l’objectif d’une lutte ne peut se réduire aux acquis. D’une part parce que ces acquis ne le sont pas pour toujours et qu’il faudra donc toujours les défendre, d’autre part parce-que la lutte débouchant sur une nouvelle situation, de nouvelles choses qui paraissaient tolérable avant ne le seront plus. D’ou les accusations comme quoi les féministes seraient d’éternelle insatisfaite, alors qu’a nouvelle situation, nouveau combat. Et d’ancienne féministe peuvent très bien dire que les anciens trucs sexistes l’étaient, mais que les nouveaux trucs que dénonce la jeune génération ne le sont pas. Alors qu’ils ou elles vivent des situations différentes. Les unes qui ont grandi dans un monde donné qu’elles ont contribué à changer. Les autres étant née dans ce monde changé et vivant de nouvelles choses comme sexiste.

    D’autre part, le patriarcat à une histoire et est vieux comme le monde, du coup il faudra sans doute se battre contre lui jusqu’a la fin des temps, et à
    chaque fois que les femmes et certains hommes arrêterons de se battre celui-ci il reviendra. Dans l’histoire il y a eu des moments de progrès pour les femmes et des moments de régression, c’est comme ça et ni vous ni moi ni pouvons rien. Les hommes et les femmes ne font pas l’histoire mais essaye de faire de leur mieux dans l’histoire en essayant d’aller dans ce qu’il pense être la bonne direction sans aucune assurance que l’histoire n’ira pas dans le sens inverse.

    Aussi un monde liberé de toute contrainte ou l’on pourrait « enfin » choisir en toute indépendance me fait furieusement pensé au libéralisme ? Pas vous ? Rappelons nous: « Grace à une concurence libre et non faussé » le consomateur enfin libre de toute contrainte choisi les produits qu’il veut. Il choisi d’être ce qu’il veut ? Le slogan de Mr le président Sarkosy n’était t-il pas « ensemble tout deviens possible  » mais si tout est possible, si on peut choisir d’ être ce que l’on veut sans contrainte, rien n’est vrai, rien n’est réel. Les contraintes c’est ce avec quoi il faut compter pour changer la société, c’est ce qui fait qu’une situation est réel. Notre réalité étant constitué de l’étoffe du passé, du système patrarcale de l’empire romain, des lois romaines reprisent par Napoléon etc.. il n’est pas possible de faire table rase du passé. Mais il nous est possible de changer notre présent.

    Merci pour votre article et votre écoute en lisant ce texte.

    Mes amitiés

    Jérôme

    • Biaise says:

      Bonjour.

      Quel roman ! Je vais répondre point par point…

      «mais il est impossible de faire en sorte qu’il n’y ai plus d’homme, le patriarca est lié au fait qu’il y est des hommes et donc il faut faire malgré le fait qu’il y est des hommes.»
      Non. Le patriarcat est lié à la domination masculine. Les hommes peuvent continuer à exister sans dominer et opresser les femmes. Donc on peut très bien se débarasser du patriarcat sans se débarasser des hommes.

      «Moi qui croyait qu’être viril ou être féminine était des stéréotypes ? Et on pourrait les choisir ?»
      Croire qu’une femme doit être féminine et qu’un homme doit être viril sont des stéréotypes. Mais la virilité, la féminité, sont des ensemble de valeur que tout un chacun devrait avoir le choix d’adopter ou non. Par exemple, chez les féministes, il y a les « fem » qui sont des féministes qui apprécient les codes de ce qu’on appelle « féminité » et les adoptent pour leur plaisir, et non pas pour plaire aux hommes.

      Pour le passage sur la difficulté de cette lutte : bah justement, c’est parce que le chemin est long qu’il faut commencer à marcher maintenant et ne pas trainer en chemin. :)

      Pour le passage sur le libéralisme : un point pour l’originalit. Mais l’analogie ne fonctionne pas. Nous ne consommons pas nos identités, nous ne sommes pas des produits, nous parlons de société au sens large, pas d’économie de marché. Au contraire nous construisons notre identité en grandissant. Nous nous inspirons des gens que nous rencontrons, de la nature, des arts, etc. Nos identités ne sont pas en concurrences les unes avec les autres sauf… dans un contexte d’oppression. L’oppression met en concurrence des communautés, les communautés oppressées tentant de survivre, les communauté oppressantes d’assoir leur position. Mais ce que nous voulons, avec la fin du patriarcat, c’est justement mettre fin à la domination et au classement hiérarchique des différentes identités.

  17. Jeepy says:

    Bonjour.
    —————————————————-
    Quel roman ! Je vais répondre point par point…
    ————————————————————–

    Et encore, tu n’a pas lu ce qui va suivre ;-)

    —————————————-
    «mais il est impossible de faire en sorte qu’il n’y ai plus d’homme, le patriarcat est lié au fait qu’il y est des hommes et donc il faut faire malgré le fait qu’il y est des hommes.»
    Non. Le patriarcat est lié à la domination masculine. Les hommes peuvent continuer à exister sans dominer et oppresser les femmes. Donc on peut très bien se débarrasser du patriarcat sans se débarrasser des hommes.
    ——————————————–

    Ce que je veux dire, c’est que sans les hommes, point de patriarcat. Attention je ne prône pas l’élimination des hommes ;-) . Le patriarcat est une domination qu’il faut combattre, mais je pense qu’il faudra juste toujours la combattre et qu’il n’y aura jamais de moment ou grâce à un combat de plus les femmes pourront passer à autre chose et ne plus avoir à lutter. Attention ce n’est pas quelques choses de pessimistes selon moi, c’est juste une donnée fondamentale de la vie, rien n’est jamais une fois pour toute.
    Je me rappelle un exemple tiré d’un livre que j’ai lu et qui disait ceci « Tu peux manger beaucoup beaucoup, en te disant que si tu manges vraiment beaucoup tu seras tranquille pour toujours. Mais c’est un principe matérialiste, tu seras que tu le veuilles ou non obligé de manger à nouveau un jour ou l’autre. Après c’est pas la peine de se révolter ensuite et dire que c’est injuste, c’est juste la vie qui veut ça…

    Pour moi la lutte des femmes sera TOUJOURS nécessaire pour la même raison, il n’y aura jamais de jour de repos. De même que tu ne peux pas éliminer la guerre pour toujours, la faim pour toujours. Par contre si suffisamment de personnes expérimentent et luttent concrètement, tu peux faire en sorte que la faim et/ou la guerre n’existent plus pendant un temps, que j’espère pour ma part le plus long possible. Mais le souci, c’est que si les gens rentrent chez eux s’occuper QUE de leurs petites affaires personnelles et ne s’occupent plus de ce genre de question, il ne faut pas ensuite s’étonner du retour de ces problèmes.

    C’est ce qui me gène dans cette partie de la FAQ, plutôt que de partir du réel, de la situation que l’on connaît aujourd’hui, une situation complexe, parce que la réalité est toujours complexe. Il y a projection dans une situation imaginaire, celle de la fin de l’oppression. Donc on s’imagine une situation géniale où miracle les gens peuvent choisir d’être ce qu’ils veulent sans stéréotype. Donc dans cette situation décrite, celle la fin de l’oppression situation purement imaginaire et pourtant souhaitable, il est imaginé que les gens seraient tellement libres qu’ils pourraient choisir d’être ce qu’ils veulent. Et encore miracle de l’imagination, la question de savoir si ce choix libre n’est pas encore conditionné par le milieux social, l’histoire, les hommes etc.. ne se poseraient plus. Et bien voyons, ce serait un peu trop facile. Et surtout ça dédouane de facto tous ceux qui pour une raison ou une autre continuerait à opprimer. Puisqu’il pourrait dire « Mais non on opprime pas, y a plus d’oppression ».

    Sinon, question que je me pause en écrivant ce texte, s’il y a oppression, il y a certainement utilité de l’oppression. L’oppressé y perd dans la soumission de ses désirs à ceux de l’oppresseur, il se soumet aussi à des codes et normes. L’oppresseur y perd aussi car en soumettant l’oppressé à des normes, il se soumet par effet miroir à d’autres normes car ce ne peut être les mêmes que celles de l’oppressé.L’oppresseur y gagne aussi parce qu’il jouit, et le mot est bien choisi selon moi, du pouvoir qu’il a sur l’oppressé.
    Ce que je me demande par contre, c’est pourquoi est-ce arrivé, pourquoi la création du patriarcat ? Quelle est sa fonction, garder la société divisée afin de maintenir homme et femme sous la botte d’autres oppresseurs ? Michel Foucault dans son travail sur les prisons à montrer il me semble que la raison d’être de la prison est de crée de la délinquance. En effet avant, ceux qui commettaient des délits le faisait dans un environnement donné, celui de leur ville ou de leur village. Il bénéficiait donc de formes de solidarité, d’entraide. Les gens se disaient que c’était parfois illégal mais compréhensible. J’imagine pas toujours, mais bon je n’ai pas connu.

    Avec la création de la prison, on va extraire les délinquants de leurs milieux et les réunir ensemble dans une école de la délinquance que l’on appellera prison. On crée ainsi une classe dangereuse séparée du peuple et ainsi on divise le peuple. On pourra ensuite plus facilement soumettre le peuple en orientant sa colère contre une partie de ce même peuple désormais appelé « délinquant ». Il n’y a rien qu’a entendre nos politiques et on comprend vite l’intérêt…
    Du coup pour les femmes, je me dis que sans doute l’intérêt est un peu le même, je vois pas exactement les implications mais comme on est plus intelligent à plusieurs, tu pourras m’aider.

  18. yrieix says:

    Bonjour,

    Quel surprise de retrouver mon idée, élaborée et finalisée de cette façon sur ce blog. C’est un certain succès auquel je ne m’attendais pas.

    Sinon j’aimerais préciser que je n’aime pas trop la tournure que prennent les définitions. Je sais pas si cette FAQ se veut amusante, attrayante ou infantilisante, mais il n’en reste pas moins qu’elle apparaît beaucoup trop familière à mon goût (si je peux me permettre…).

    Et alors que ce soit une démarche délibérée de la part des féministes, cela ne lui en donne pas plus de valeur à mes yeux.

    Par ex. on retrouve sur Wikipédia ce même procédé inquiétant à propos du sexisme :

    « valeurs et attitudes fondées sur des modèles stéréotypés et intériorisés, bref, la construction genrée »

    Bah oui, BREF.. quoi.. tss..

    Je pense la modifier et enlever les 3/4 des tournures superflues et autres « acoquineries » qui en font des paragraphes vraiment lourds et sans distinction. Si la licence ou les auteurs le permettent bien-sûr, afin de faire une FAQ propre, comme je l’avais imaginée moi-même et de proposer cette dernière sur mon blog.

    Sinon il est possible que je fasse une autre FAQ d’un autre point de vue, inspirée (ou non) de celle-ci.

    Le travail collaboratif, c’est bien pour apporter des idées nouvelles, pour le rendement et l’inventaire de certains éléments du travail à effectuer, mais il faut qu’une seule personne (ou un groupe commandé par une seule personne, ou encore un groupe qui peut voir aussi clair qu’une seule personne, un groupe homogène en d’autres termes) gère la mise en forme pour que ça soit sérieux (même si on peut imaginer y insérer un léger trait d’humour) et compréhensible, sans ambiguïté et sans fioritures, aux yeux de tous.

    Disons, que la façon dont elle est écrite ici, laisse à penser que les féministes sons les popotes de tout le monde et qu’ils sont censés paraître sympathiques pour que soient prises en considérations leurs revendications. Moi je pense le contraire : Les féministes se doivent de rester sérieux et scientifiques au mieux possible. Ils n’ont pas d’état d’âme à avoir. Comme la justice, la communauté féministe doit rester sérieuse et disciplinée, soumise à la probité des responsabilité qu’elle représente. Elle est d’ailleurs la seule représentation du peuple pour la justice.

    A bientôt ici ou ailleurs.

    • Biaise says:

      Bonjour

      Tu n’es pas féministe, pourquoi et comment voudrais tu définir ce qu’est le féminisme et le ton que les féministes devraient employer ?

      C’est bien la première fois que je lis un reproche de ton (tone argument) fait aux féministes en leur reprochant… d’être trop sympa ! Un point pour l’originalité. Bah oui, quand on discute avec les gens, on est plutôt sympa, à moins qu’on nous manque de respect… Nous ne sommes pas juristes, nous ne sommes pas législatrices, nous employons un langage courant et un ton de conversation.

      • yrieix says:

        « Tu n’es pas féministe, pourquoi et comment voudrais tu définir ce qu’est le féminisme et le ton que les féministes devraient employer ? »

        Arf c’est quand même bien pratique la fonction citation..

        Quelle qualité doit-on avoir pour pouvoir bénéficier de l’appellation « féministe » de la part d’autres féministes ? Il suffit de dire que l’on est féministe ? Si oui je ne veux pas entrer dans ce jeu, c’est tellement facile de se revendiquer d’un courant. Je considère que mon action est plus crédible. Je t’invite à lire mes nombreuses interventions sur le forum ubuntu-fr.org pour t’en rendre compte.

        « C’est bien la première fois que je lis un reproche de ton (tone argument) fait aux féministes en leur reprochant… d’être trop sympa ! »

        Non je ne vous reproche pas exactement votre sympathie, mais l’apparence que vous vous donnez pour faire genre, dans une source d’informations qui veulent être claires et pratiques avant tout. Ce n’est pas tout à fait pareil si tu arrives à comprendre la nuance.

        « Un point pour l’originalité. »

        Pas trop trop difficile.

        « Bah oui, quand on discute avec les gens, on est plutôt sympa, à moins qu’on nous manque de respect… »

        Une « Foire Aux Questions » n’est pas une discussion.

        « Nous ne sommes pas juristes, nous ne sommes pas législatrices, »

        Malheureusement.

        « nous employons un langage courant et un ton de conversation. »

        Vi vi vi. Je ne vous reproche pas votre personnalité. Encore heureux.

        • Biaise says:

          Tes interventions je les connais, tu n’as rien de crédible.
          Je dis que tu n’es pas féministe car je t’ai souvent lu expliquer que ce mouvement était mauvais.
          Tu ne fais qu’émettre des petits jugements sur la forme, comme d’habitude, ça n’avance vraiment à rien et c’est signe d’un manque d’inspiration. Ce n’est même pas intéressant, tu peux tout aussi bien attendre d’avoir quelque chose à dire la prochaine fois que tu auras envie de rédiger.

  19. Jeepy says:

    Tiens justement aujourd’hui je tombe sur ça:

    7/ « c’est pas ce que tu dis qui me dérange, c’est le ton sur lequel tu le dis » / « tu décrédibilises le combat »
    Pour avoir testé le calme, la fureur, les mots doux, le ton, sachez-le, ne conviendra JAMAIS. Il ne s’agit pas de vous dire d’expliquer autrement, mais il s’agit tout bêtement de vous faire taire.

    Issue de cet article: http://soupe-a-l-herbe.blogspot.fr/2013/07/troller-les-trolls.html
    Une belle petite image ici: http://1.bp.blogspot.com/-lbZc7kjIg0s/UeFZ7K7HfGI/AAAAAAAAAUQ/mxxHQ0BjVXI/s320/7-toneargument.jpg

  20. yrieix says:

    « Il ne s’agit pas de vous dire d’expliquer autrement, mais il s’agit tout bêtement de vous faire taire. »

    Ce n’est pas le but en réalité, mais si ça le permet alors je signe de suite !

    • Biaise says:

      Ah, ça se confirme donc. Tu n’as aucune réelle volonté de dialogue. Tu veux juste écraser l’autre.
      Tes prochains commentaires seront indésirables.

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  22. Le féminisme est un racisme comme un autre. C’est l’espèce humaine dans sa globalité qu’il faut défendre, pas tel ou tel sous-ensemble sexuel, racial ou religieux.
    Bref, moralement, ce n’est pas bien ce que vous faites.

  23. Elzen says:

    Plop,

    je viens de relire ça en vitesse, et ta version est quand même sacrément plus chouette que la mienne ^^

    Juste deux points que je ne remarque que maintenant :
    – « pour expliquER qu’il ai été battu » (et non expliqué) à la fin du point sur les hommes battus.
    – « au premier rang duquel on peut placer le langage » au milieu du paragraphe sur « mademoiselle » : je suppose que les points d’interrogation qui entourent ça chez moi sont le résultat d’un soucis de conversion.

  24. Ina says:

    Je suis surprise par le fait que le lien http://www.sos-papa.net/pages/actualite/actualite037.htm soit utilisé pour appuyer le fait que les masculinistes revendiqueraient le divorce par consentement mutuel *uniquement*. Malgré mon peu d’estime pour ce mouvement, je n’y lis qu’une revendication pour que le divorce par consentement mutuel puisse se faire directement chez le notaire, sans passer par un avocat. Je n’y lis aucune attaque contre les autres formes de divorce. Pourriez-vous mettre cela à jour, soit en supprimant le passage (quitte à le remplacer par une autre revendication absurde de masculinistes, il y a du choix), soit en changeant la référence ? Cela serait dommage de perdre en crédibilité à cause d’un simple mauvais lien.

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